Lettre d’info du Gresea n°44


Janvier 2011

Mercredi 19 janvier 2011, Bruno Bauraind, 6837 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Lettre d’information du GRESEA

 

 Les inégalités ? Voyez Gini

Lorsqu’en 1910, le statisticien italien Corrado Gini (1884-1965) est nommé titulaire de la chaire de statistiques de l’université de Cagliari, il est loin de se douter (Gini a, à l’époque, 25 ans) qu’il laissera un outil de statistique descriptive qui continue à faire parler de lui un siècle plus tard. Aujourd’hui encore, dans toute discussion sur les inégalités, tôt ou tard, il sera question de Gini, son coefficient. C’est en effet l’outil statistique numéro un en la matière. Pour en savoir plus, cliquez ici.

 Une guerre monétaire

Les récents pourparlers au sein du G 20 à Séoul ont mis en lumière l’existence des tensions sur les marchés monétaires. On ne partagera guère l’enthousiasme de Christine Lagarde, ministre française de l’économie, qui, au lendemain du G 20, estimait que "nous avons tourné le dos à la guerre des monnaies en nous engageant à ne pas recourir à des politiques de dévaluation Dévaluation Baisse du taux de change d’une devise par rapport aux autres devises. En général, une dévaluation se passe en système de change fixe, parce que la réduction a lieu par rapport à la devise clé.
(en anglais : devaluation).
compétitive". Pour comprendre pourquoi la ministre a sans doute parlé trop vite, cliquez ici (Lien).

 Bilan de crise : un triptyque européen

En trois volets, le Gresea revient sur la crise qui secoue la zone Euro. Auparavant, la monnaie Monnaie À l’origine une marchandise qui servait d’équivalent universel à l’échange des autres marchandises. Progressivement la monnaie est devenue une représentation de cette marchandise d’origine (or, argent, métaux précieux...) et peut même ne plus y être directement liée comme aujourd’hui. La monnaie se compose des billets de banques et des pièces, appelés monnaie fiduciaire, et de comptes bancaires, intitulés monnaie scripturale. Aux États-Unis et en Europe, les billets et les pièces ne représentent plus que 10% de la monnaie en circulation. Donc 90% de la monnaie est créée par des banques privées à travers les opérations de crédit.
(en anglais : currency)
commune était considérée comme le rempart ultime, gage de stabilité. Aujourd’hui, au centre d’un rapport de forces entre le géant allemand et les mauvais élèves du Sud, la zone euro craque sous les coups de butoir des marchés financiers. Pour en savoir plus, voyez :
Bilan de crise (1) : la dimension allemande
Bilan de crise (2) : l’euro-dimension
Bilan de crise (3) : histoire de petits "cochons"…

 Les investissements transfrontières : les zones d’ombres

Les investissements que les grosses limousines de l’économie privée (entreprises multinationales et Cie) effectuent aux quatre coins du monde font partie des boussoles qui servent à diagnostiquer l’état de santé de l’économie mondiale. A juste titre Titre Morceau de papier qui représente un avoir, soit de propriété (actions), soit de créance à long terme (obligations) ; le titre est échangeable sur un marché financier, comme une Bourse, à un cours boursier déterminé par l’offre et la demande ; il donne droit à un revenu (dividende ou intérêt).
(en anglais : financial security)
 ? Pour en savoir plus, cliquez ici.

 KBC, Dexia, Fortis : mais où sont passés nos liards ? Evolution de la crise financière en Belgique

La crise financière s’est concentrée en Belgique sur trois acteurs clés : Dexia, Fortis et KBC. Cet article, qui emprunte son titre Titre Morceau de papier qui représente un avoir, soit de propriété (actions), soit de créance à long terme (obligations) ; le titre est échangeable sur un marché financier, comme une Bourse, à un cours boursier déterminé par l’offre et la demande ; il donne droit à un revenu (dividende ou intérêt).
(en anglais : financial security)
à feu François Martou, propose de revenir sur la propagation de la crise au sein des institutions financières belges et sur une de ses principales conséquences : la transformation du paysage bancaire de notre pays. Pour en savoir plus, cliquez ici.

 L’Observatoire des Entreprises : H&M, Bank of America et La Poste

Que se cache-t-il derrière les vêtements à bas prix du géant H&M ? C’est la question de départ de l’enquête de Wolfgang Uchatius. Des résultats qui permettent de décomposer les 4,95 euros du T-shirt estampillé "H&M". Lorsque le profit unitaire s’approche de si près du coût de la main-d’œuvre, là c’est certain, H&M est durablement profitable .
Une information socioéconomique transparente est à la portée de chacun. Si cette revendication fait plutôt consensus du côté des travailleurs, elle n’est pas toujours partagée par le monde des affaires. Le site WikiLeaks propose, lui, des "audits gratuits…". Cette simple menace a suffit pour faire reculer le cours du géant américain, Bank of America.
Le 1er janvier 2011, la dernière étape de la libéralisation Libéralisation Action qui consiste à ouvrir un marché à la concurrence d’autres acteurs (étrangers ou autres) autrefois interdits d’accès à ce secteur. des services postaux en Europe entrait officiellement en vigueur. Depuis plusieurs années pourtant, l’expérience du "tout au marché" a laissé un goût amer dans la bouche des postiers européens.
Ont également été traités, Wal-Mart attaqué par un million et demi de travailleuses dans la plus grande "class action Action Part de capital d’une entreprise. Le revenu en est le dividende. Pour les sociétés cotées en Bourse, l’action a également un cours qui dépend de l’offre et de la demande de cette action à ce moment-là et qui peut être différent de la valeur nominale au moment où l’action a été émise.
(en anglais : share ou equity)
" du siècle et Lipton-Unilever, fermant son "centre de coûts" marseillais (pas assez profitable).

 Comment dépenser ses millions ?

Au troisième trimestre 2010, la Réserve fédérale américaine publiait son baromètre de l’état de santé des entreprises américaines. On y découvre que les entreprises non financières sont assises sur un matelas de 1.938 milliards de dollars, soit 38% de plus qu’au début de l’année 2009. Toute la question est maintenant de savoir ce qu’elles vont en faire…Pour en savoir plus, voyez notre newsflash n°74.

 Une relance wallonne signée U.S. Marshall : modèle d’économie assistée ?

L’injection de milliards dans le secteur privé est un des derniers champs d’intervention économique concédés aux pouvoirs publics. Les dépenses publiques sont, dans le glossaire de l’économie politique rénovée, choses presque honteuses, signes ostentatoires de gabegie et de turpitude intellectuelle – sauf lorsqu’il s’agit de renflouer les banques, réduire les cotisations sociales, financer les licenciements collectifs ou… subsidier l’expansion économique du secteur privé.
Baptisée "plan Marshall Plan Marshall Ensemble de dons et de crédits fournis par les États-Unis aux pays européens à partir de 1948 en vue de reconstruire le territoire dévasté par la guerre. Ce programme a été lancé par le secrétaire d’État de l’époque, le général George Marshall, le 5 juin 1947. Washington se donnait le droit de regard sur l’utilisation de ces fonds, ce qui lui permit de favoriser les investissements américains sur le vieux continent, ainsi que l’adoption des produits et habitudes de consommation américains. L’Est européen refusa ses conditions, ce qui coupa alors (et non auparavant) l’Europe en deux. L’aide était gérée à partir de l’Organisation européenne de coopération économique, dont étaient aussi membres les États-Unis et le Canada. Celle-ci deviendra l’OCDE en 1960.
(En anglais : Marshall plan)
" en Wallonie, cette forme de stimulation économique en est, à coups de "clusters" et de "pôles de compétitivité", désormais à sa deuxième édition, avec cette fois des accents écolos. Est-ce de la politique industrielle ? Est-ce ainsi qu’une région durablement se développe ? Doping ou dopage, par des produits naturels ou préfabriqués par l’air du temps, allez savoir…
Ce plan de stimulation de l’économie wallonne sera au centre d’un débat, introduit par les économistes Henri Houben (Gresea) et Muriel Ruol (CSC), le 31 janvier 2011 dans les locaux de l’Université populaire de Bruxelles de 12h à 14h. Pour en savoir plus, voyez l’agenda du site Econosphères à l’adresse : http://www.econospheres.be/spip.php?rubrique11