Renault et PSA : le travail (stressé) nuit gravement à la santé.


Lundi 26 février 2007, Erik Rydberg, 1632 signes.
Cet article a été visité 106 fois

Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

Version imprimable de cet article Version imprimable

Raymond était technicien au Technocentre de Renault à Guyancourt (Yvelines, près de Versailles, au sud-ouest de Paris). Il avait 38 ans et ses enfants ne le verront plus jamais. Il s’est pendu à son domicile. Il a laissé derrière lui une lettre donnant les motifs de son acte désespéré : conditions de travail inhumaines. Cas isolé ? A peine. C’est le troisième travailleur de ce site ultramoderne (12.000 salariés, dont 9.500 seulement sous statut Renault) qui se donne la mort depuis octobre 2006. Selon le délégué CGT, Vincent Neveu, les trois avaient le même profil. La quarantaine, très compétents, très dévoués à l’entreprise mais, donc, totalement, démolis par un système de production infernal. Au Technocentre, les techniciens travaillent sur 26 projets de véhicule différents tout en participant – subissant – debriefings et réunions imbéciles (pour causer avec le chef d’équipe, dont le bureau est distant de trois mètres, dit le délégué CFDT Denis Dedieu, "je dois prendre rendez-vous") en sus d’un système de notation qui permet un "flicage" de tous les instants. L’article qui relate ces faits rapporte également – une brève – qu’un autre salarié, de la fonderie PSA Peugeot-Citroën à Charleville-Mézières, cette fois, a été poussé aux mêmes extrêmes et, lettre d’adieu faisant foi, pour les mêmes raisons. Système de production inhumain. Il était père de deux enfants. Avant, on appelait cela des "camps de travail". A l’époque, ils ont été libérés par les forces alliées.

Source : l’Humanité du 23 février 2007.