L’ampoule (LED) de Nichia, c’est du génie civil !


Jeudi 5 avril 2007, GRESEA ASBL, 1607 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Dans le discours de l’industrie pharmaceutique, c’est un "classique". Elle engloutit des fortunes dans la recherche et le développement. Donc : profits bien mérités. Idem dans la sphère politique, autre classique : les universités doivent s’associer aux entreprises pour faire de la recherche appliquée. Sous-entendu : les entreprises pigent cela mieux. Eh bien, pas toujours vrai. Voir le cas de l’inventeur de l’ampoule à LED (5 fois plus économique que l’ancêtre à incandescence), le japonais Shuji Nakamura, auquel Bob Johnstone vient de consacrer un ouvrage ("Brilliant ! Shuji Nakamura and the Revolution in Lighting Technology", Prometheus Books). Car voilà un obscur ingénieur d’une obscure petite boîte japonaise (Nichia) qui, contre vents et marées, contre l’avis de tous les spécialistes et experts, contre son propre patron qui lui interdisaient de poursuivre ses travaux de recherche et de développement (pure perte de temps ! gaspillage d’argent pour l’entreprise ! mais Nakamura n’en avait cure...), voilà donc un fou qui, tout seul, dans son laboratoire, croit à son idée et... développe l’ampoule du siècle dont, tous, maintenant, recommande l’utilisation, pour sauver la planète, etc. Ce n’est pas du génie industriel, c’est du génie civil. Nakamura a, depuis, quitté Nichia (contre lequel il est en procès : ses brevets ne lui étaient payés que 200 dollars...) et enseigne à l’université de Californie. Persévérer, c’est parfois payant. Miser sur la capacité innovatrice des entreprises, pas toujours.

Source : Financial Times, 4 avril 2007.