Et en Allemagne, la grève continue (Telekom).


Mardi 5 juin 2007, Erik Rydberg, 1884 signes.
Cet article a été visité 77 fois

Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

Version imprimable de cet article Version imprimable

Les travailleurs de l’ex-RTT allemande, Deustche Telekom (participation publique réduite à 30%), ont célébré le mois nouveau à leur manière. Au 1er juin 2007, ils s’apprêtaient à entrer dans leur quatrième semaine de grève. "Nous irons jusqu’à la fin de l’année s’il le faut," a dit Frank Bsirske, le leader du syndicat Ver.di. Le fait est important à plus d’un titre. Primo, en raison du marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
de dupes proposé par la direction à près d’un tiers des travailleur (50.000 sur un effectif de 160.000), qu’elle veut verser dans des sous-statuts au sein d’une sous-filiale, appelée T-/Service Service Fourniture d’un bien immatériel, avantage ou satisfaction d’un besoin, fourni par un prestataire (entreprise ou l’État) au public. Il s’oppose au terme de bien, qui désigne un produit matériel échangeable.
(en anglais : service)
. Ce transfert conduirait leur rémunération à chuter de 12% en trente mois et la durée de travail à être allongée de 24 à 38 heures hebdomadaires, en plus des 22 heures, sur une base annualisée, exigés pour parer aux éventuels pics de production. Ver-di a dit non une première fois et il a redit non lorsque la direction a ramené ses prétentions à une amputation salariale de 9%. Mais c’est important, secundo, parce que cette grève intervient à un moment où, en Allemagne, locomotive et étalon socio-économique de l’Europe, IG Metall a réussi, sous la menace d’une grève, à obtenir une augmentation salariale de 5,8% pour les quelque 800.000 métallos de l’Etat de Baden-Würtenberg, soit, dans le fief de DaimlerChrysler et de Porsche, la plus forte hausse salariale enregistrée depuis des années. IG Metall, pour mémoire, poussait une revendication générale de 6,5%. La Belgique, pour mémoire, a "obtenu" une norme salariale limitant les augmentations à 0,9% l’an. C’est un vieux précepte syndical : il faut toujours être attentif à ce qui se passe à l’étranger...

Sources : Financial Times du 28 mars 2007, International Herald Tribune du 5 mai 2007 et Les Echos du 1er juin 2006.