Chez Kronenbourg, les travailleurs veulent du travail décent.


Mardi 12 juin 2007, Erik Rydberg, 2067 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Action Action Part de capital d’une entreprise. Le revenu en est le dividende. Pour les sociétés cotées en Bourse, l’action a également un cours qui dépend de l’offre et de la demande de cette action à ce moment-là et qui peut être différent de la valeur nominale au moment où l’action a été émise.
(en anglais : share ou equity)
syndicale instructive que celle des travailleurs de Kronenbourg, à Obernai (Bas-Rhin, France). Elle intervient en effet à un moment où un mouvement syndical international se dessine pour faire du "travail décent" son cheval de bataille. Par communiqué de presse daté du 8 juin 2007, ainsi, l’Organisation internationale du Travail Organisation internationale du Travail Ou OIT : Institution internationale, créée par le Traité de Versailles en 1919 et associée à l’ONU depuis 1946, dans le but de promouvoir l’amélioration des conditions de travail dans le monde. Les États qui la composent y sont représentés par des délégués gouvernementaux, mais également - et sur un pied d’égalité - par des représentants des travailleurs et des employeurs. Elle regroupe actuellement 183 États membres et fonctionne à partir d’un secrétariat appelé Bureau international du travail (BIT). Elle a établi des règles minimales de travail décent comprenant : élimination du travail forcé, suppression du labeur des enfants (en dessous de 12 ans), liberté des pratiques syndicales, non-discrimination à l’embauche et dans le travail… Mais elle dispose de peu de moyens pour faire respecter ce qu’elle décide.
(En anglais : International Labour Organization, ILO)
a salué l’engagement du G8 G8 Groupement des huit pays considérés comme les plus industrialisés (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et Russie). Réunis pour la première fois en 1975 à l’initiative du président français Valéry Giscard d’Estaing, les chefs des États qui composaient à l’époque le G7 se retrouvent une fois par an vers la fin juin. Depuis 1995, ces réunions s’ouvrent régulièrement à la participation du président de la Fédération de Russie. C’est un groupe informel, dont les décisions éventuelles n’ont aucune valeur juridique.
(En anglais : G8)
à soutenir son programme "travail décent" comme un élément central d’une mondialisation qui intègre le progrès social. Le travail décent, c’est notamment une durée de travail humaine, c’est le contraire des journées interminables exigées des "petites mains" exploitées dans le Tiers-monde. Mais, donc, pas seulement là-bas. Car, en France, la droite a fait campagne, et gagné les élections, sur le thème du "travailler plus pour gagner plus". Chez Kronenbourg, c’est un message qui passe assez mal. On a fait grève contre. Propriété du groupe Scottish & Newcastle, Kronenbourg a fermé, en 2006, son usine de Champigneulles, à charge pour ceux d’Obernai de maintenir le niveau de production. Comment ? Par des heures supplémentaires. De volontaires, auparavant, elles sont devenues obligatoires, imposées par la direction. Là, les travailleurs ont croisé les bras. Le journal financier Les Echos, pourtant peu suspect de sympathie pour les conflits sociaux, s’est fait le porte-parole de leurs doléances, car ce sont des travailleurs qui, les traits tirés, épuisés, racontent "les semaines de six jours qui s’enchaînent", qui racontent "le stress" et "les risques pour la sécurité avec la fatigue", qui racontent "le mal de dos", "la casse qui progresse" et le désir de "pouvoir passer nos samedis en famille, pas au travail". Ce sont des travailleurs qui, en clair, ne veulent pas "travailler plus, mais travailler mieux". La direction a cédé, provisoirement. Elle a accepté un retour au volontariat – pour une période test de trois mois. Trois mois de travail décent, c’est déjà cela de pris...

Source : Les Echos, 11 juin 2007