Problèmes de digestion pour Danone en Chine.


Lundi 18 juin 2007, Erik Rydberg, 1666 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Tenant conférence de presse, Zong Quinghou, le partenaire chinois de Danone, a décoré la salle d’une grande banderole dans meilleur style maoïste : "Résistons fermement à la mainmise hostile de Danone. Le triomphe final reviendra à Wahaha." Wahaha, c’est l’eau en bouteille et les yoghurts locaux dont Danone possède 51% par une joint venture Joint venture Filiale créée par deux entreprises différentes qui peuvent y détenir des parts tout à fait variables.
(en anglais : joint venture)
conclue en 1996 et qui lui assure en Chine 23% des parts de marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
, à peu de frais : comme tant d’autres multinationales, Danone a choisi la technique de la courte échelle pour s’y étendre, en surfant sur les succès d’une entreprise locale. Mais, donc, problème. Wahaha ("Le bébé qui rit" en chinois) a, parallèlement, développé une ligne de production autonome, hors joint venture Joint venture Filiale créée par deux entreprises différentes qui peuvent y détenir des parts tout à fait variables.
(en anglais : joint venture)
. Danone n’a pas apprécié. Le 4 juin 2007, la multinationale Multinationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : multinational)
française a porté plainte devant un tribunal de Los Angeles. Zong Quinghou, non plus. Il a déroulé sa banderole, il a rameuté ses employés, il s’est fait sociologue : "Danone ne comprend pas la Chine." Ce n’est pas très bon pour l’image de Danone. D’autant que, en Inde, l’arroseur s’est vu arrosé après que son partenaire, Britannia Industries (joint venture 50-50), s’est aperçu que Danone commercialisait les biscuits Tiger pour son propre compte en Indonésie, en Malaisie, à Singapour, au Pakistan et en Egypte, en violation flagrante des droits de propriété sur la marque. Sur son site, Danone présente les biscuits Tiger comme son produit numéro un en Asie. Son produit ? Wahahahaha... Le Tiers-monde ne se laisse pas toujours faire.

Sources : Financial Times des 12 et 13 avril 2007, Wall Street Journal du 15 juin 2007.