Les Echos veut garder son indépendance .


Lundi 16 juillet 2007, Erik Rydberg, 2025 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le groupe Pearson, propriétaire des quotidiens financiers réputés The Financial Times (Londres) et Les Echos (Paris), veut se séparer du second, l’offrant pour 240 millions d’euros au "roi du luxe français" Bernard Arnault, ami et confident de Sarkozy, et son groupe LVMH (Dior, Vuitton, etc.). Routine, dans le monde des affaires. Sauf que, aux Echos, on fait bloc – rédaction et direction – pour s’y opposer, y compris par la grève et la pétition. Ils ont quelques bonnes raisons, la première d’entre elles étant la sauvegarde de leur indépendance, qui n’est pas la vertu première de la constellation Arnault. Echantillon. Propriétaire de La Tribune (plutôt mal gérée : 1 million d’euros de perte par an), il s’est déjà débarrassé de quatre directeurs de rédaction qui n’avaient pas son oreille, pas plus que la Société des journalistes de la Tribune qui, devant les diktats d’une information biaisée en faveur de LVMH, a préféré démissionner en déplorant "la perte de crédibilité" du titre Titre Morceau de papier qui représente un avoir, soit de propriété (actions), soit de créance à long terme (obligations) ; le titre est échangeable sur un marché financier, comme une Bourse, à un cours boursier déterminé par l’offre et la demande ; il donne droit à un revenu (dividende ou intérêt).
(en anglais : financial security)
. C’est par exemple, en septembre 2006, ce sondage en faveur de la candidate socialiste Ségolène Royal purement et simplement censuré à la dernière minute. Cette ligne de conduite avait été clairement édictée à La Tribune dès 1998 : "L"intérêt de l’actionnaire Actionnaire Détenteur d’une action ou d’une part de capital au minimum. En fait, c’est un titre de propriété. L’actionnaire qui possède une majorité ou une quantité suffisante de parts de capital est en fait le véritable propriétaire de l’entreprise qui les émet.
(en anglais : shareholder)
ne doit pas être remis en cause par un journal qu’il contrôle." (sic). Idem avec l’arme de la manne publicitaire : Arnault est, avec L’Oréal, le premier annonceur de la presse féminine, où on a vite compris tous les avantages de "rédactionnels" vantant le chic des sacs plastiques Vuitton et du dernier-né Dior. Alors, rideau ? Aux Echos, on espère encore, un peu, voir Pearson fléchir après la contre-offre (245 millions), le 12 juillet 2007, d’un allié inattendu, faisant figure de "chevalier blanc", le groupe français Fimalac, par ailleurs propriétaire de l’agence de notation Notation Classification des actifs (titres, monnaie, prêts...) ou des émetteurs de ceux-ci en fonction du risque de défaut de paiement des revenus et du remboursement de ces actifs ou de la part de celui qui les émet. Cette classification est attribuée par une société privée, appelée agence de notation. Les trois plus importantes sont Fitch Ratings, [Moody’s et Standard & Poor’s. Elles contrôlent l’essentiel des évaluations de risque. Mais le fait qu’elles soient privées et qu’elles aient d’autres départements assurant d’autres fonctions vis-à-vis de leurs clients qu’elles notent pose un très sérieux problème d’indépendance, d’impartialité et finalement de légitimité. Les notations dépendent des sociétés qui les allouent. En général, elles ressemblent néanmoins fortement de la classification suivante, allant de l’actif ou de l’entreprise la moins risquée vers celui ou celle qui l’est le plus : AAA, AA, A, BBB, BB, B, CCC, CC, C.
(en anglais : credit rating).
financière Fitch.

Sources : Le Canard Enchaîné du 11 juillet 2007 et The Financial Times du 13 juillet 2007.