Imbuvable, l’eau privatisée en Tanzanie.


Lundi 10 septembre 2007, Erik Rydberg, 1931 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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La privatisation de la distribution de l’eau en Tanzanie, à Dar es-Salaam – 3,5 millions d’habitants – sous les auspices de la Banque mondiale Banque mondiale Institution intergouvernementale créée à la conférence de Bretton Woods (1944) pour aider à la reconstruction des pays dévastés par la deuxième guerre mondiale. Forte du capital souscrit par ses membres, la Banque mondiale a désormais pour objectif de financer des projets de développement au sein des pays moins avancés en jouant le rôle d’intermédiaire entre ceux-ci et les pays détenteurs de capitaux. Elle se compose de trois institutions : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale pour le développement (AID) et la Société financière internationale (SFI). La Banque mondiale n’agit que lorsque le FMI est parvenu à imposer ses orientations politiques et économiques aux pays demandeurs.
(En anglais : World Bank)
(la meilleure solution dans le meilleur des mondes, disait le prospectus, qui précisait : sans cela, pas de remise de dette) est en passe de devenir un cas d’école. Le contrat a été emporté en 2003 par un consortium Consortium Collaboration temporaire entre plusieurs entreprises à un projet ou programme dans le but d’obtenir un résultat.
(en anglais : consortium)
emmené par la société britannique Biwater. Vingt-deux mois plus tard, le 13 mai 2005, le gouvernement tanzanien rompra unilatéralement le contrat. C’est que, entre-temps, la facture d’eau des Tanzaniens n’avait cessé de grimper sans que la distribution ne soit en rien améliorée. Le fonds Fonds (de placement, d’investissement, d’épargne…) : société financière qui récolte l’épargne de ménages pour l’investir ou le placer dans des produits financiers plus ou moins précis, parfois définis à l’avance. Il existe des fonds de pension, des fonds de placement, des fonds de fonds qui sont proposés à tout un chacun. En revanche, les hedge funds (fonds spéculatifs) et les private equity funds sont réservés à une riche clientèle.
(en anglais : fund)
social que Biwater devait alimenter pour étendre le réseau aux quartiers pauvres n’avait même pas été mis en place. Donc, goodbye Biwater. L’histoire ne s’arrête pas là. Car Biwater va saisir les tribunaux, en l’occurrence une instance d’arbitrage Arbitrage Opération qui consiste à jouer sur la différence de prix d’un même actif sur deux marchés financiers différents ou d’un produit dérivé par rapport à son produit sous-jacent. Ces gains sont généralement faibles, mais obtenus à grande échelle et recherchés en permanence par des travailleurs spécialisés (les arbitragistes) ils peuvent occasionner d’importants bénéfices (et parfois aussi des pertes considérables).
(en anglais : arbitrage, mais parfois aussi trading ou hedge).
internationale ("filiale" de la Banque mondiale Banque mondiale Institution intergouvernementale créée à la conférence de Bretton Woods (1944) pour aider à la reconstruction des pays dévastés par la deuxième guerre mondiale. Forte du capital souscrit par ses membres, la Banque mondiale a désormais pour objectif de financer des projets de développement au sein des pays moins avancés en jouant le rôle d’intermédiaire entre ceux-ci et les pays détenteurs de capitaux. Elle se compose de trois institutions : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale pour le développement (AID) et la Société financière internationale (SFI). La Banque mondiale n’agit que lorsque le FMI est parvenu à imposer ses orientations politiques et économiques aux pays demandeurs.
(En anglais : World Bank)
...) pour, à La Haye, obtenir, du gouvernement tanzanien, dédommagement : entre 20 et 25 millions de dollars, soit près de deux fois le total des factures d’eau payées par les habitants de Dar es-Salaam durant deux ans. (En passant, tendance : quelque 2.500 accords d’investissements bilatéraux ont été conclus ces dernières années, contre 385 en 1989 : sur les 255 litiges traités à La Haye, la plupart sont dirigées contre des pays pauvres du Sud). Les délibérations du tribunal – secrètes, à la demande de Biwater – ont commencé en avril 2007. Le verdict est évidemment attendu avec intérêt. La balance penchera-t-elle en faveur du pot de terre ou du pot de fer ? Ou, comme certaines ONG l’expriment : le tribunal se rangera-t-il, ou non, aux arguments des "sociétés globales qui foulent aux pieds les intérêts du monde en développement" ? Un cas d’école.

Source : Guardian Weekly du 31 août 2007.