Business de l’eau en bouteille ? Pas très Kyoto !


Mercredi 26 septembre 2007, Erik Rydberg, 2223 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Dans une savoureuse chronique, Michael Skapinker, journaliste au Financial Times, s’attaque à l’imbécillité de l’eau en bouteille (ce n’est souvent que de l’eau de robinet reconditionnée, cas de 40% de l’eau commercialisée par Coca-Cola aux Etats-Unis). L’eau de robinet, dit-il, lui permet de boire, doucher, prendre un bain, tirer la chasse, alimenter le lave-vaisselle et le lave-linge pour 1,4 euro par jour : pourquoi, pour le même prix, s’achèterait-il un demi-litre de la même chose dans une bouteille ? Il lance un appel à la résistance : dans les restaurants, toujours demander de l’eau de robinet. Il est dans l’air du temps. Le business de l’eau a explosé, on boit, mondialement, quelque 180 milliards de litres en bouteille, contre 78 milliards il y a dix ans. C’est tout profit pour les leaders du marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
, Nestlé, numéro un avec Perrier et Vittel, PepsiCo, n°2, avec Aquafina, suivi de Coca-Cola, avec Dasini. Dans l’air du temps : embouteiller de l’eau dans des contenants en plastique (dérivé du pétrole), les transporter sur route et, ensuite, grossir la montagne des déchets (2 millions de tonnes de bouteilles non recyclées en 2005), ce n’est pas très écologique, cela ne tempère guère le réchauffement du climat. En plus, ce n’est même pas une garantie de qualité. En 1990, Perrier a détruit 160 millions de bouteilles contenant du benzène (cancérigène). En 2004, Coca-Cola (Dasini) a dû faire de même, là c’était la présence illégale de bromates (cancérigènes). Donc, c’est devenu controversé. La municipalité de San Francisco a banni l’eau en bouteille, idem à Liverpool, et des groupes de pression tels que Food and Water Watch et Corporate Accountability International en appellent à "penser hors de la bouteille", à en revenir au robinet. Cela inquiète un peu. On veut dire : les leaders du marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
. Coca-Cola (six unités de recyclage dans le monde) annonce qu’il s’est fixé pour objectif de recycler, dans les cinq ans, toutes ses bouteilles. PepsiCo, de son côté, annonce un sérieux effort. Vendre du vent, même lorsque ce n’est que de l’eau, n’est pas aussi simple que cela.

Sources : Financial Times des 17 et 25 septembre 2007.