Feu vert à la position monopolistique de Tesco.


Lundi 5 novembre 2007, Erik Rydberg, 1511 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le rapport était attendu, il est là. Le 31 octobre 2007, la Commission de la concurrence britannique, saisie d’une demande d’enquête sur les pratiques anticoncurrentielles des supermarchés, a très largement rendu un "non-lieu" à l’égard du principal accusé, Tesco, numéro 1 de la grande distribution en Grande-Bretagne. Elle contrôle en effet 31% du marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
, soit presque autant que ses deux principaux rivaux, Sainsbury et Asda (à trois, donc, environ 60%). Ce rapport – reflétant un revirement de jurisprudence des autorités britanniques de la concurrence : pour les rétroactes, voir notre Belwatch du 17 février 2007 – vient de bétonner l’interprétation nouvelle des règles de concurrence exprimée par le président de la Commission, Peter Freeman, en commentant voici peu le rapport intermédiaire comme suit : tant que le consommateur sort gagnant de ces distorsions de concurrence, grâce à la baisse des prix, il n’y a pas lieu de sévir. Le titre Titre Morceau de papier qui représente un avoir, soit de propriété (actions), soit de créance à long terme (obligations) ; le titre est échangeable sur un marché financier, comme une Bourse, à un cours boursier déterminé par l’offre et la demande ; il donne droit à un revenu (dividende ou intérêt).
(en anglais : financial security)
de Tesco a applaudi la décision à sa manière, il a aussitôt bondi à un niveau record. Le trio dominant, quant à lui, sans surprise, s’est déclaré satisfait. On n’en dira pas autant des petits magasins de quartiers, que le rapport donne comme les plus grands perdants de l’évolution. Il n’a pas, cependant, estimé que les supermarchés puissent être accusés de les écraser "systématiquement". Maigre consolation. Il reste un peu de loterie dans le massacre.

Source : Financial Times, 1 novembre 2007.