Bouygues se charge de la politique pénitentiaire.


Vendredi 22 février 2008, GRESEA ASBL, 1249 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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C’est une première. Le recours au partenariat public privé pour la construction d’hôpitaux, de routes ou d’écoles n’est pas chose neuve en France. Idem pour les prisons. En février 2006, Eiffage a emporté un contrat portant sur la construction de quatre prisons et, au mois d’octobre de la même année, Bouygues en emportait un autre, pour trois établissements. Rebelotte pour Bouygues en ce mois de janvier 2008, il s’est vu confier un lot de quatre prisons, à Nantes (570 places), Annoeullin (688 places) et Réau (798 places), soit au total 2.056 chambres d’hôtellerie forcée. Ce qui est neuf, c’est que, cette fois, le contrat porte non seulement sur la conception et la construction de prisons, financement inclus, mais aussi sur leur exploitation et leur maintenance. Cette fois, donc, l’Etat est allé beaucoup plus loin dans la délégation de ses missions : c’est la première fois dans l’histoire de la justice française, relève Le Figaro, que l’ensemble des services à la personne est confié au secteur privé, soit, ici, la restauration, la formation des détenus, l’accueil des familles, le travail pénitentiaire et le transport. On se croirait en Irak occupé.

Source : Le Figaro du 23 janvier 2008.