Made in Perrier ? Indigeste pour Nestlé.


Lundi 28 janvier 2008, GRESEA ASBL, 1705 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Il s’agit sans doute d’un cas limite de la propriété intellectuelle Propriété intellectuelle Ensemble des droits exclusifs accordés sur les créations intellectuelles liées à un auteur, dont un acteur économique (souvent une entreprise) se fait le représentant.
(en anglais : intellectual property)
. D’ordinaire, elle protège les puissants, une manière de privatiser et monopoliser l’innovation et, donc, le progrès social. Ici, sous une forme dérivée (plutôt que de propriété intellectuelle Propriété intellectuelle Ensemble des droits exclusifs accordés sur les créations intellectuelles liées à un auteur, dont un acteur économique (souvent une entreprise) se fait le représentant.
(en anglais : intellectual property)
, il faudrait parler de règles d’origine), l’arme est retournée par les vaincus, les travailleurs de Perrier. Perrier, pour mémoire, a connu une histoire chaotique. La célèbre eau de source française, commercialisée en 1898 par Louis Perrier, un docteur local, est ensuite passée entre les mains britanniques de l’aristocrate John Harmsworth, le frère du fondateur du Daily Mail, puis entre celles d’un agent de change Agent de change Professionnel des opérations de change. Il a joui, en Europe, en tant qu’agent officiel, d’un monopole de courtage sur les opérations boursières jusqu’à la déréglementation des marchés financiers, dans les années 80. De nos jours, l’agent de change est devenu un opérateur financier comme les autres. On l’appelle aussi cambiste.
(En anglais : stockbroker)
français pour, enfin, 1992, tomber dans l’escarcelle de la multinationale Multinationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : multinational)
suisse Nestlé, qui a payé 2 milliards d’euros le trophée. Mariage contre nature. Car, pour la direction helvète, le climat syndical français, jugé inflexible et remuant, faisait tache dans sa culture d’entreprise et on est donc allé jusqu’à menacer de délocaliser la production, par exemple en République tchèque. Les travailleurs français, appuyés par l’administration locale, ont trouvé la parade. Ils ont rebaptisé leur or bleu en "Source Perrier-Les Bouillons", du nom exact de la localité, une sorte d’appellation contrôlée qui empêchera quiconque de vendre une eau Perrier extraite d’un autre endroit. Nestlé a tenté d’attaquer ce coup bas en justice, sans succès jusqu’ici, les tribunaux ayant par deux fois donné raison à l’irréductible "petite tribu de Gaulois" du village de Vergèze (3.643 habitants), au sud de la France.

Sources : Financial Times des 15 et 29 janvier 2008.