Cadbury Schweppes réinvente le commerce équitable.


Lundi 11 février 2008, Erik Rydberg, 1582 signes.
Cet article a été visité 130 fois

Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

Version imprimable de cet article Version imprimable

Le numéro un mondial de la confiserie Cadbury Schweppes s’est lancé dans un commerce "équitable" de sa propre invention. Il a annoncé le 28 janvier 2008 un investissement Investissement Transaction consistant à acquérir des actifs fixes, des avoirs financiers ou des biens immatériels (une marque, un logo, des brevets…).
(en anglais : investment)
de 87 millions d’euros étalé sur dix ans au Ghana dans le cadre d’un "partenariat" avec les producteurs de cacao avec, à la clé, la construction de quelque 850 puits (afin de libérer femmes et enfants de leurs tâches de porteurs d’eau), ainsi qu’un soutien financier aux écoles, aux enseignants et aux bibliothèques. Naturellement, c’est stratégique. Le Ghana produit 70% de la demande mondiale en cacao et un dixième de ses récoltes est acheté par Cadbury Schweppes, soit la totalité de ses besoins pour le chocolat vendu en Grande Bretagne. Ajouter que Cadbury vit des moments difficile, étant harcelé par l’investisseur activiste Nelson Peltz, et empêtré dans une opération de désengagement de son département des boissons gazeuses. Donc, l’opération de séduction tombe bien. Elle repose, cependant, sur une analyse intéressante. Au contraire du commerce classique, qui vise essentiellement à offrir un "prix juste" aux petits producteurs, la formule de Cadbury table, elle, sur une augmentation de la productivité Productivité Rapport entre la quantité produite et les ressources utilisées pour ce faire. En général, on calcule a priori une productivité du travail, qui est le rapport entre soit de la quantité produite, soit de la valeur ajoutée réelle (hors inflation) et le nombre de personnes nécessaires pour cette production (ou le nombre d’heures de travail prestées). Par ailleurs, on calcule aussi une productivité du capital ou une productivité globale des facteurs (travail et capital ensemble, sans que cela soit spécifique à l’un ou à l’autre). Mais c’est très confus pour savoir ce que cela veut dire concrètement. Pour les marxistes, par contre, on distingue la productivité du travail, qui est hausse de la production à travers des moyens techniques (machines plus performantes, meilleure organisation du travail, etc.), et l’intensification du travail, qui exige une dépense de force humaine supplémentaire (accélération des rythmes de travail, suppression des temps morts, etc.).
(en anglais : productivity)
dans la culture du cacao au Ghana, une idée qui n’a pas soulevé l’enthousiasme, on s’en doute, de l’organisation Fairtrade, une des références mondiales (et un des concurrents mondiaux) en matière de commerce équitable : ils vont surveiller cela de près, ont-ils fait savoir. Ainsi va le monde.

Source : The Economist du 2 février 2008.