Chambardement industriel en France.


Mardi 19 février 2008, GRESEA ASBL, 2232 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le début d’année est propice aux bilans. Dans le privé, on communique sur les résultats de l’année écoulée. Arcelor Mittal a présenté un résultat net mondial de 7,1 milliards d’euros, c’est 30% de plus qu’en 2006. Michelin a annoncé de son côté un bénéfice 2007 en hausse de 35% par rapport à l’année précédente. Du côté du ministère français de l’Emploi, on a aussi fait ses comptes et ils sont plutôt remarquables : près de 300.000 emplois créés en 2007. La France, ses entreprises et ses travailleurs se portent donc bien. Le problème avec les résultats globaux, c’est que trop souvent, ils ne reflètent guère les réalités du terrain. Sur le terrain, actuellement, en France, c’est 600 ouvriers menacés à l’usine d’Arcelor Mittal à Gandrange, 826 postes supprimés par Michelin à Toul et 250 par Miko (filiale de Unilever) à St Dizier... La liste est longue. Le secteur des services a beau être en pleine expansion, le secteur industriel continue, lui, à souffrir des délocalisations et autres externalisations. Ainsi, en deux ans, l’industrie française a perdu plus de 110.000 emplois. L’explication de ce gouffre séparant chiffres et faits ? La réorganisation mondiale de l’activité industrielle. Il s’agit tout d’abord, selon Michel Rollier, PDG de Michelin, de "mieux capter la croissance Croissance Augmentation du produit intérieur brut (PIB) et de la production.
(en anglais : growth)
des pays émergents" et, pour ce faire, produire sur place pour éviter les coûts de transport et compresser les coûts de production. La relocalisation progressive des activités de Michelin vers les marchés émergents ne suffit pas, cependant, à rassurer ses actionnaires. Il faut donc également serrer les boulons dans les usines du vieux monde. Michelin a donc décidé de réduire le nombre de ses sites en Europe (des usines à taille humaine) pour développer des grands sites de production comptant plus de 4.000 travailleurs. Pour paraphraser le patron de Michelin, il ne s’agirait donc pas d’un phénomène de désindustrialisation mais, juste, tout bêtement, d’une petite réorganisation interne. Il faudrait trouver quelqu’un pour aller expliquer cela aux 826 ex-travailleurs de Toul.

Source : Les Echos du 18 février 2008.