France-Télécom suicide un employé...


Lundi 25 février 2008, GRESEA ASBL, 1363 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le mardi 19 février 2008, un technicien d’intervention de France-Télécom s’est pendu dans un bureau téléphonique d’Amboise, en Indre-et-Loire. Il avait 52 ans et, pour ses collègues, son acte de désespoir paraît une conséquence logique des conditions de travail auxquelles sont soumis les ex-fonctionnaires de la maison (privatisée en 2004) qui, après trente années de culture de service Service Fourniture d’un bien immatériel, avantage ou satisfaction d’un besoin, fourni par un prestataire (entreprise ou l’État) au public. Il s’oppose au terme de bien, qui désigne un produit matériel échangeable.
(en anglais : service)
public, doivent s’adapter à une politique de primauté au rendement – et à une restructuration qui ne dit pas son nom. France-Télécom a annoncé en 2006 son intention de supprimer 22.000 des 108.000 employés que compte l’entreprise d’ici à la fin de 2008 mais, donc, sans la mise en place d’un plan social, en tablant sur les "départs volontaires", donc, par une pression et une réorganisation permanentes exercées à l’égard du personnel. Une enquête réalisée par l’Observatoire du stress, une structure créée à l’initiative des syndicats SUD et CGC avec le concours de sociologues, de psychologues et d’ergonomistes, a ainsi mis en évidence que 66% des salariés de France-Télécom se considèrent en "situation de stress", et 15% en situation de détresse. Le "suicidé" d’Amboise faisait sans doute partie de ces derniers.

Source : L’Humanité du 22 février 2008. (Voir aussi : http://www.observatoiredustressft.org/ )