Les salariés de Smoby, des jouets comme les autres ?


Mardi 11 mars 2008, Bruno Bauraind, 1631 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le long calvaire des travailleurs du géant du jouet français Smoby (numéro 2 mondial), va-t-il prendre fin avec la décision du tribunal de commerce de confier l’avenir de l’entreprise française à la PME allemande Simba ? En mars 2007, Jean-Christophe Breuil, le patron de Smoby, au bord du dépôt de bilan, avait trouvé une première bouée de sauvetage, la firme MGA entertainment. L’américain MGA, numéro 3 mondial du secteur et grand adepte du jouet made in Asie, obtenait 52% du capital Capital Ensemble d’actifs et de richesses pouvant être utilisés pour produire de nouveaux biens ou services.
(en anglais : capital, mais aussi fund ou wealth)
de Smoby pour 1 euro symbolique. En échange, l’entreprise américaine s’engageait d’une part à réinjecter de l’argent frais dans l’entreprise, 12 millions d’euros sous la forme d’un prêt à 9%... d’autre part, MGA se devait de présenter un plan plus large de relance au tribunal de commerce. En octobre 2008 cependant, MGA se désengage de la procédure de relance et ouvre la voie à un démantèlement de la firme française. Retour à la case départ. Au final, c’est donc l’allemand Simba qui reprend l’entreprise française. Cette nouvelle passation de pouvoir à la tête de Smoby ne sera pas sans conséquences sur l’emploi. Simba prévoit de conserver 401 emplois sur les 998 existants en France et n’a pas encore donné de précision sur sa stratégie pour les filiales étrangères. Smoby emploie actuellement 2.300 personnes dans le monde. Après l’incertitude professionnelle, c’est donc le calvaire du reclassement qui débute pour les salariés "surnuméraires".

Source : Les Echos du 4 mars 2008 et Libération, article mis en ligne le 10 octobre 2007.