Fortis fauté pour fausses infos


Jeudi 24 février 2011, Erik Rydberg, 1349 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Des associations citoyennes réclament à cor et à cri plus de transparence dans le secteur privé afin de pouvoir exercer sur lui un contrôle démocratique comparable à celui qui – depuis l’instauration du régime de démocratie parlementaire – prévaut dans la sphère publique. Elles pourraient s’inspirer des exigences de transparence très strictes qu’on su imposer, en leur faveur, les investisseurs. Voir le cas de Fortis. En mars 2010, l’autorité néerlandaise de régulation des marchés financiers a infligé une amende de 576.000 euros à Fortis (qui fera appel de la décision). Motif ? Son PDG, Jean-Paul Votron, avait publiquement déclaré, en juin 2008, que la banque ne connaissait pas de problèmes de solvabilité Solvabilité Rapport de long terme pour savoir si la firme peut structurellement supporter les charges financières qu’elle doit assurer de par son activité ; c’est sa capacité à rembourser les dettes qu’elle contracte.
(en anglais : solvency)
– et ce à une encablure de la débâcle, puisque, trois semaines plus tard, Fortis allait se trouver au bord de la faillite. Le verdict de l’autorité de régulation sera sévère. Il accuse Fortis d’avoir, rapporte le Financial Times, "disséminé une information donnant un signal incorrect et trompeur, et par-là violé l’interdiction de manipulation des marchés". Quand les citoyens arriveront à être traités d’égal à égal avec les marchés pour être autant que ces derniers protégés de manipulations, un grand pas sera franchi.

Source : Financial Times du 11 mars 2010.