Magotteaux est…chilienne !


Vendredi 9 septembre 2011, Bruno Bauraind, 1433 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Si, en 1920, on avait dit à Julien Magotteaux, un ingénieur de Vaux-sous-Chèvremont (Liège) que l’entreprise de fonderie qu’il venait de lancer passerait au 21e siècle sous pavillon Chilien après avoir été majoritairement détenue par un fonds Fonds (de placement, d’investissement, d’épargne…) : société financière qui récolte l’épargne de ménages pour l’investir ou le placer dans des produits financiers plus ou moins précis, parfois définis à l’avance. Il existe des fonds de pension, des fonds de placement, des fonds de fonds qui sont proposés à tout un chacun. En revanche, les hedge funds (fonds spéculatifs) et les private equity funds sont réservés à une riche clientèle.
(en anglais : fund)
d’investissement Investissement Transaction consistant à acquérir des actifs fixes, des avoirs financiers ou des biens immatériels (une marque, un logo, des brevets…).
(en anglais : investment)
scandinave (IK Investment Partners), il aurait certainement ri au nez de son interlocuteur. Pourtant, le 24 août dernier les 500 travailleurs belges du groupe, qui en compte 2.500 sur les 5 continents, apprenaient que leur entreprise était rachetée par le groupe chilien Sigdo Koppers pour un montant de 550 millions d’euros. Si la multinationale Multinationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : multinational)
chilienne s’est montrée rassurante tant au niveau des investissements que de la préservation de l’emploi, une question taraude néanmoins l’observateur extérieur. Jusqu’au rachat total de Magotteaux par Sigdo Koppers, la Société Régionale d’Investissement Investissement Transaction consistant à acquérir des actifs fixes, des avoirs financiers ou des biens immatériels (une marque, un logo, des brevets…).
(en anglais : investment)
de Wallonie (SRIW) en détenait 10%. Elle assurait par là l’ancrage wallon d’un des fleurons de l’industrie belge depuis le début des années 80. C’est son core business. En vendant ses parts, la SRIW a perdu tout pouvoir d’intervention dans les choix stratégiques futurs du groupe. Pendant qu’à grand renfort de communication, on vante le plan Marshall Plan Marshall Ensemble de dons et de crédits fournis par les États-Unis aux pays européens à partir de 1948 en vue de reconstruire le territoire dévasté par la guerre. Ce programme a été lancé par le secrétaire d’État de l’époque, le général George Marshall, le 5 juin 1947. Washington se donnait le droit de regard sur l’utilisation de ces fonds, ce qui lui permit de favoriser les investissements américains sur le vieux continent, ainsi que l’adoption des produits et habitudes de consommation américains. L’Est européen refusa ses conditions, ce qui coupa alors (et non auparavant) l’Europe en deux. L’aide était gérée à partir de l’Organisation européenne de coopération économique, dont étaient aussi membres les États-Unis et le Canada. Celle-ci deviendra l’OCDE en 1960.
(En anglais : Marshall plan)
Wallon et la relance de son économie, cette nouvelle fait un peu désordre. Aujourd’hui, la politique industrielle wallonne, une politique de désengagement ?