Foxconn suicide tout le monde en bloc


Vendredi 23 septembre 2011, Erik Rydberg, 1726 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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La société transnationale Transnationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : transanational)
tawainaise Foxconn, le numéro 1 mondial des composants pour ordinateurs (Apple, Nokia, Sony, etc.), a défrayé la chronique en 2010 à la suite d’une série de treize suicides qui ont mis en lumière les conditions de travail infernales dans ses ateliers chinois de la province de Shenzhen, où Foxconn emploie 300.000 travailleurs. Tous les journaux en ont parlé. Cet "incident technique" a eu au moins deux effets. Du côté des autorités chinoises, cela a été une politique autoritaire de hausse salariale (jusqu’à 70%) pour améliorer le quotidien des travailleurs. Et, du côté de Foxconn, une réponse de la bergère au berger : s’ils vont nous coûtent plus cher, on suicide tout le monde, en bloc. Façon de parler. Pour rendre la production plus fluide et moins sensible aux aléas humains, Foxconn a annoncé qu’elle compte remplacer les travailleurs par des robots : il y en aura 300.000 dès 2012 et, endéans trois ans, il y en aura un million. Ces machines effectueront les tâches "simples et répétitives" qui leur seront assignées, précise sans rire le groupe, c’est-à-dire sans états d’âme, sans rechigner, sans faire de mauvaise publicité dans la presse. En soi, c’est plutôt positif comme soulignait Lafargue et, avant lui, Aristote : si l’homme peut faire travailler des machines au lieu de se tuer lui-même à la besogne, c’est un fameux progrès. Mais cela suppose naturellement que le travailleur "libéré" de son triste emploi soit le premier à récolter les fruits de ce travail robotisé. Chaque chose en son temps...

Sources : Financial Times des 7 et 13 septembre 2011 et le supplément Enjeux de septembre 2011 du journal Les Échos.