Les "petites mains" d’Apple


Lundi 14 novembre 2011, Erik Rydberg, 1961 signes.
Cet article a été visité 300 fois

Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

Version imprimable de cet article Version imprimable

Apple figure à la 3e place des transnationales mondiales les mieux valorisées en Bourse Bourse Lieu institutionnel (originellement un café) où se réalisent des échanges de biens, de titres ou d’actifs standardisés. La Bourse de commerce traite les marchandises. La Bourse des valeurs s’occupe des titres d’entreprises (actions, obligations...).
(en anglais : Commodity Market pour la Bourse commerciale, Stock Exchange pour la Bourse des valeurs)
. Derrière son succès, il n’y a pas de mystère. Apple a poussé les avantages de la "supply chain" (externaliser tous les coûts de production) à l’extrême.

Dans l’édition 2011 du FT Global 500, Apple figure à la troisième place des transnationales mondiales les mieux valorisées en Bourse Bourse Lieu institutionnel (originellement un café) où se réalisent des échanges de biens, de titres ou d’actifs standardisés. La Bourse de commerce traite les marchandises. La Bourse des valeurs s’occupe des titres d’entreprises (actions, obligations...).
(en anglais : Commodity Market pour la Bourse commerciale, Stock Exchange pour la Bourse des valeurs)
, toutes catégories confondues, financières et non financières. Profits nets de 14 milliards de dollars en 2010 pour un chiffre d’affaires Chiffre d’affaires Montant total des ventes d’une firme sur les opérations concernant principalement les activités centrales de celle-ci (donc hors vente immobilière et financière pour des entreprises qui n’opèrent pas traditionnellement sur ces marchés).
(en anglais : revenues ou net sales)
de 65 milliards – avec seulement quelque 50.000 travailleurs. Seulement ? C’est naturellement faire abstraction de la chaîne d’approvisionnement extrêmement sophistiquée qui – grâce à toutes ses "petites mains" non déclarées – est à la base de la prouesse. Le siège d’Apple est à Cupertino, Californie, mais ses usines sous-traitantes sont dans le Tiers-monde, en Asie. La force de frappe d’Apple, ce n’est pas seulement la puissance de l’argent, bien que cela aide, par exemple pour, en 1997, réserver d’avance, en payant 50 millions de dollars, tout l’espace de fret aérien disponible et, ainsi, paralyser l’acheminement des fournitures commandées par ses concurrents. Ou, pour sceller une commande, offrir un milliard de dollars, en bloc, de manière à rendre tel sous-traitant chinois complètement dépendant d’Apple et, d’abord, en l’obligeant à écraser ses prix, donc les salaires des "petites mains". Cette dépendance est pour ainsi dire totale : Apple exige de ses principaux sous-traitants (asiatiques, Tiers-monde) de justifier par écrit dans les moindres détails la décomposition de leurs coûts de production. Il y a mieux. Ses principaux fournisseurs (asiatiques, Tiers-monde) se voient obligés, pour parer aux urgences des ventes en Occident, de garder à portée de main l’équivalent de deux semaines de stock Stock Sous sa forme économique, c’est l’ensemble des avoirs (moins les dettes) d’un acteur économique à un moment donné (par exemple, le 31 décembre 2007). Ce qui sort ou qui entre durant deux dates est un flux. Le stock dans son sens économique s’oppose donc au flux. Sous son interprétation comptable, le stock est l’ensemble des marchandises achetées qui n’ont pas encore été produites ou dont la fabrication n’a pas été achevée lors de la clôture du bilan ou encore qui ont été réalisées mais pas encore vendues.
(en anglais : stock ou inventory pour la notion comptable).
– qu’Apple payera, après livraison, à 90 jours. Apple n’a pas besoin de banquier, ses fournisseurs lui avance l’argent, ni d’entrepôts, ni de personnel de manutention, ni de comptable pour dresser l’inventaire, tout ou presque est externalisé, délocalisé.

Source : Bloomberg Businessweek, 7 novembre 2011.