Gresea Echos n°68, 4-2011

La chine subsaharienne. Fantasy et/ou réalité


Mardi 3 janvier 2012, Erik Rydberg, 4857 signes.

Numéro consultable en ligne : https://issuu.com/gresea/docs/ge68siter__duit

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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Étoile rouge sur l’Afrique

Au-dessus de l’Afrique, une étoile rouge. C’est bien sûr un clin d’oeil. C’est la paraphrase du titre emblématique qu’Edgar Snow avait choisi en 1939 pour son livre dressant en primeur – scoop du siècle – le portrait de la guerre d’indépendance de la Chine.

L’étoile rouge est entre-temps devenue la deuxième économie du monde, derrière les États-Unis, devant la Japon, l’Allemagne, la Grande-Bretagne. Ce n’est pas un mince renversement.

Dans le "Global 500" 2011 du Financial Times, sept entreprises chinoises (Hong Kong inclus) se classent parmi les cent premières sociétés mondiales dont la valeur en Bourse crève le plafond. C’est deux de plus que l’Allemagne. Le Japon n’en compte que trois.

L’Afrique ? Le magazine financier états-unien Bloomberg Businessweek évoquait voici peu, le 12 septembre 2011, la percée de la Chine dans le domaine de la production d’énergie en Afrique. La Chine est actuellement impliquée dans des projets hydro-électriques pesant 9,3 milliards de dollars. Et elle est l’investisseur numéro un dans le déploiement de panneaux solaires. Le commerce sino-africain s’est élevé à 127 milliards de dollars en 2010, près de treize fois plus qu’en 2000. Elle a par là ravi aux États-Unis sa première place en tant que "partenaire" commercial de l’Afrique.
Naturellement, ajoute le magazine, l’attrait des investissements chinois en Afrique s’explique par le fait qu’ils s’accompagnent de peu de conditions. "La Chine ne lie pas son aide au progrès des droits de l’homme, aux considérations environnementales ou à la gouvernance démocratique, comme le font les États-Unis et l’Europe." Ce n’est pas du jeu...

On peut raisonner ainsi. On raisonne ainsi aux États-Unis et en Europe. Mais, donc, pas en Chine. Ni en Afrique.

On le verra par la suite, à de multiples reprises, dans le dossier que publie aujourd’hui le Gresea-Échos. D’abord au travers des actes du séminaire "Chine-Afrique" que le Gresea a co-organisé le 27 mai 2011 avec la FGTB, la CSC, la coupole des ONG flamandes 11.11.11, l’Inem et Intal. Et, ensuite, par une série de textes cherchant à éclairer l’affaire de lumières rasantes et obliques.

Pour résumer à l’emporte-pièce, on a, d’un côté, le "consensus de Washington" et, de l’autre, le "consensus de Beijing". Deux consensus, ce n’est pas très consensuel. Les affaires du monde ne sont pas un salon de thé. Comme en toutes choses, elles obéissent à des rapports de forces.

C’est vrai également en Amérique latine. Même situation en un certain sens. Les investissements chinois dans le sous-continent américain pèsent désormais plus, rapporte le Financial Times (23 novembre 2011), que ceux, combinés, de l’Europe et des Etats-Unis. Cela explique que les problèmes de la zone euro n’affolent ni Brasilia, ni Caracas, ni Buenos Aires : on regarde tout cela, China aidant, du balcon. Un autre aspect du renversement de perspective. Il n’est pas mince, non plus.

La question qui est posée sur le fond est celle du développement. On a eu coutume de réserver le terme aux pays du Sud. A eux de se "développer". Ailleurs, la "problématique" n’existe pas, on a affaire à des pays développés, figés pour toute éternité dans un bienheureux statu quo imperfectible. Telle est la gentille fable. Elle comporte deux failles de taille. La première est l’idée qu’il n’y aurait qu’une "recette" (un "paradigme") pour atteindre ce statut envié. La seconde, que seuls les pays dits développés (ainsi autoproclamés) auraient le droit de donner des leçons au reste du monde. La Chine est venue bousculer cela…

Sommaire

  • Edito/Étoile rouge sur l’Afrique/Erik Rydberg
  • Acte 1 Deborah Brautigam : "Pourquoi cette nervosité ?"
  • Acte 2 Carlos Polenus : “Parlons droits des travailleurs”
  • Acte 3 Peter Franssen : “Le monde a changé d’axe”
  • Acte 4 Stefaan Marysse : “Guerre froide en perspective ?
  • Acte 5 Yenga Mabolia : “En quoi cela vous concerne-t-il ?”
  • Acte 6 Jean Ilunga et Philip Lukeke : “Un bol d’oxygène…”
  • Chine-Afrique, entre “Fantasy“ et Réalité/Raf Custers
  • Les investissements chinois en Afrique /African Labour Research Network (ALRN)
  • Le développement ? Notion remise en question/Erik Rydberg
  • Congo : le "lock-out" de Washington/Raf Custers
  • Contrats miniers RDC-Chine : chronologie analytique/Raf Custers

 


 

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