Lettre d’info du Gresea n°50


Septembre 2011

Vendredi 9 septembre 2011, Bruno Bauraind, 9756 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Clap 50 ! La lettre d’information mensuelle du Gresea fête en ce mois de septembre 2011 sa cinquantième livraison. Pas le temps de sortir le champagne et les petits fours mais une bonne occasion de remercier nos nombreux lecteurs qui, chaque mois, au travers de cet outil de diffusion, s’informent par le biais des lunettes d’approche de nos chercheurs de l’actualité socio-économique. En passant, votre lettre d’information a vu le jour en octobre 2006. Pas question là de crise des Subprimes, mais bien de privatisation et d’asymétrie du commerce Nord-Sud… Certaines choses changent… Pas toutes !

 

 Observatoire des Entreprises : Kraft, Shell & Co.

C’est dans l’air du temps, les entreprises se séparent d’elles-mêmes. Depuis le début de l’année 2011, la branche Inox d’ArcelorMittal se nomme Aperam et a perdu 46% de sa valeur depuis janvier. Plus récemment, le conglomérat de l’alimentation Kraft a fait de même : la confiserie et l’épicerie seront dorénavant deux entreprises distinctes. Avec le même résultat que pour le géant de l’acier ?
La communauté de pêcheurs Bodo du Nigéria a obtenu devant la justice britannique quelque 410 millions d’euros de dédommagement de la société pétrolière Shell pour destruction de son environnement et de ses moyens de subsistance. Les fuites des infrastructures de Shell au Nigéria équivalent au 5e des marées noires causées par l’explosion de la plate-forme BP dans le Golfe du Mexique. Au final, une pénalité "limitée" au regard de la destruction des moyens de subsistance de 69.000 Nigérians… La justice transnationale Transnationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : transanational)
se construit pas à pas !
Ont également été traitées en ces mois de juillet et août : Doux, Timberland et Yoplait

 

 Angle mort : L’électricité du Congo reste un énorme casse-tête

Le Congo sort difficilement de l’imbroglio énergétique. Les besoins d’électricité sont énormes. Les grands travaux sont orientés par les financements de la Banque mondiale Banque mondiale Institution intergouvernementale créée à la conférence de Bretton Woods (1944) pour aider à la reconstruction des pays dévastés par la deuxième guerre mondiale. Forte du capital souscrit par ses membres, la Banque mondiale a désormais pour objectif de financer des projets de développement au sein des pays moins avancés en jouant le rôle d’intermédiaire entre ceux-ci et les pays détenteurs de capitaux. Elle se compose de trois institutions : la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), l’Association internationale pour le développement (AID) et la Société financière internationale (SFI). La Banque mondiale n’agit que lorsque le FMI est parvenu à imposer ses orientations politiques et économiques aux pays demandeurs.
(En anglais : World Bank)
 ; ils se font aux centrales d’Inga, sur les lignes de haute tension vers le Katanga et la Zambie et dans la capitale. Mais l’entreprise étatique SNEL manque de moyens pour électrifier les autres villes et territoires du pays. Les quelques projets dans les provinces sont exécutés par des entreprises indiennes ou chinoises, et, nouveauté, par des opérateurs privés. Enquête "électrique" sur le terrain.

 

 Angle mort : Explosion démographique : peurs et leurres

Le vieux thème de la "bombe démographique" est à nouveau brandi. Les uns – sauvons la planète ! – pour s’attaquer au "productivisme" de bébés polluants et consuméristes. Les autres, en voix off, pour conférer un vernis scientifique au détricotage des systèmes publics de pension par répartition Pension par répartition Système de retraite où les travailleurs et leurs employeurs cotisent (éventuellement avec une subvention de l’Etat). Dans ce régime, les revenus (retraite) sont fixes et ne dépendent pas d’investissements réalisés éventuellement par ailleurs. L’ensemble de ces contributions sert à payer les pensions actuelles. C’est le système couramment utilisé en Europe. . Et, en passant, prôner l’ouverture sélective des frontières aux migrations économiques. Tour d’horizon.

 

 Angle mort : L’ABC de la productivité Productivité Rapport entre la quantité produite et les ressources utilisées pour ce faire. En général, on calcule a priori une productivité du travail, qui est le rapport entre soit de la quantité produite, soit de la valeur ajoutée réelle (hors inflation) et le nombre de personnes nécessaires pour cette production (ou le nombre d’heures de travail prestées). Par ailleurs, on calcule aussi une productivité du capital ou une productivité globale des facteurs (travail et capital ensemble, sans que cela soit spécifique à l’un ou à l’autre). Mais c’est très confus pour savoir ce que cela veut dire concrètement. Pour les marxistes, par contre, on distingue la productivité du travail, qui est hausse de la production à travers des moyens techniques (machines plus performantes, meilleure organisation du travail, etc.), et l’intensification du travail, qui exige une dépense de force humaine supplémentaire (accélération des rythmes de travail, suppression des temps morts, etc.).
(en anglais : productivity)

Travailler plus efficacement, consacrer moins de temps de travail pour produire ce dont on a besoin est pour ainsi dire un penchant naturel de l’économie moderne. On a donné à cela un nom : la productivité Productivité Rapport entre la quantité produite et les ressources utilisées pour ce faire. En général, on calcule a priori une productivité du travail, qui est le rapport entre soit de la quantité produite, soit de la valeur ajoutée réelle (hors inflation) et le nombre de personnes nécessaires pour cette production (ou le nombre d’heures de travail prestées). Par ailleurs, on calcule aussi une productivité du capital ou une productivité globale des facteurs (travail et capital ensemble, sans que cela soit spécifique à l’un ou à l’autre). Mais c’est très confus pour savoir ce que cela veut dire concrètement. Pour les marxistes, par contre, on distingue la productivité du travail, qui est hausse de la production à travers des moyens techniques (machines plus performantes, meilleure organisation du travail, etc.), et l’intensification du travail, qui exige une dépense de force humaine supplémentaire (accélération des rythmes de travail, suppression des temps morts, etc.).
(en anglais : productivity)
ou, mieux, les gains de productivité. Sur papier, cela devrait profiter à tout le monde. En réalité, c’est plutôt l’inverse. Introduction à une notion centrale, et très politique, du discours économique.

 

 Angle mort : La zone euro malade d’elle-même

Après avoir longtemps tergiversé, les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro se réunissaient le 21 juillet pour régler la question de la dette grecque. La question des finances publiques grecques constitue un casse-tête pour les grands argentiers de l’euro. Pas spécialement en raison de la possibilité d’un défaut qui serait le seul fait de l’Etat grec. Après tout, la Grèce ne représente pas grand-chose, d’un point de vue économique, au sein de l’Union européenne Union Européenne Ou UE : Organisation politique régionale issue du traité de Maastricht (Pays-Bas) en février 1992 et entré en vigueur en novembre 1993. Elle repose sur trois piliers : les fondements socio-économiques instituant les Communautés européennes et existant depuis 1957 ; les nouveaux dispositifs relatifs à la politique étrangère et de sécurité commune ; la coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. L’Union compte actuellement 27 membres : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas (1957), Danemark, Irlande, Royaume-Uni (1973), Grèce (1981), Espagne, Portugal (1986), Autriche, Finlande, Suède (1995), Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Tchéquie (2004), Bulgarie, Roumanie (2007).
(En anglais : European Union)
. Pour en savoir plus sur les fractures au sein de la zone euro, cliquez ici

 

 Formation : L’intégration économique européenne. Une mise en pratique des préceptes néolibéraux ?

Le neuvième "Midi d’Econosphères" verra Anne Dufresne (sociologue, professeur à l’Université Catholique de Louvain-La-Neuve), et Bérengère Dupuis (service Service Fourniture d’un bien immatériel, avantage ou satisfaction d’un besoin, fourni par un prestataire (entreprise ou l’État) au public. Il s’oppose au terme de bien, qui désigne un produit matériel échangeable.
(en anglais : service)
d’études de la CSC) mettre en débat la gouvernance "économique" de l’Union européenne Union Européenne Ou UE : Organisation politique régionale issue du traité de Maastricht (Pays-Bas) en février 1992 et entré en vigueur en novembre 1993. Elle repose sur trois piliers : les fondements socio-économiques instituant les Communautés européennes et existant depuis 1957 ; les nouveaux dispositifs relatifs à la politique étrangère et de sécurité commune ; la coopération dans les domaines de la justice et des affaires intérieures. L’Union compte actuellement 27 membres : Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas (1957), Danemark, Irlande, Royaume-Uni (1973), Grèce (1981), Espagne, Portugal (1986), Autriche, Finlande, Suède (1995), Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Tchéquie (2004), Bulgarie, Roumanie (2007).
(En anglais : European Union)
et les réponses apportées par ses acteurs à la crise de la dette publique Dette publique État d’endettement de l’ensemble des pouvoirs publics (Etat, régions, provinces, sécurité sociale si elle dépend de l’Etat...).
(en anglais : public debt ou government debt)
.

Ce débat se tiendra le vendredi 23 septembre entre 12 et 14h dans les locaux de l’Université populaire de Bruxelles (26, rue de la Victoire à 1060 Bruxelles). Pour en savoir plus, cliquez ici

 

 Formation : Enjeux et perspectives d’action Action Part de capital d’une entreprise. Le revenu en est le dividende. Pour les sociétés cotées en Bourse, l’action a également un cours qui dépend de l’offre et de la demande de cette action à ce moment-là et qui peut être différent de la valeur nominale au moment où l’action a été émise.
(en anglais : share ou equity)
pour la paix et le développement

Le 9 septembre 2011, le Réseau belge Ressources Naturelles organise à Bruxelles une journée de formation sur les "enjeux et perspectives d’action Action Part de capital d’une entreprise. Le revenu en est le dividende. Pour les sociétés cotées en Bourse, l’action a également un cours qui dépend de l’offre et de la demande de cette action à ce moment-là et qui peut être différent de la valeur nominale au moment où l’action a été émise.
(en anglais : share ou equity)
pour la paix et le développement" liés à la question des ressources naturelles ("produites" au sud, consommées au nord). Membre actif de cette plate-forme, le Gresea interviendra lors de cette journée sur les enjeux liés au lithium Lithium Métal blanc, alcalin, le plus léger de tous les métaux. bolivien. Renseignements et inscription (de préférence avant le 5 septembre) auprès du CNAPD : info cnapd.be

 

 En débat sur Newsflash : Le marchand de la rébellion libyenne

Comme souvent, la révolution libyenne n’est pas qu’une affaire de miliciens portant le Keffieh et la Kalachnikov. C’est aussi celle du big business. Ainsi, Vitol, plus important trader Trader Opérateur de marché, engagé par une banque ou une société financière, qui soit négocie pour le compte de clients l’achat ou la vente de titres ou d’actifs financiers sur des marchés financiers, soit spécule, c’est-à-dire anticipe les fluctuations du marché, pour le compte de leur employeur.
(en anglais : trader)
en pétrole au monde, a nourri la révolution à coups de crédits en combustibles. Avant de reconstruire le pays, il faudra donc pour le nouveau pouvoir passer par la caisse des mécènes occidentaux. L’impérialisme à visage à peine couvert ! Pour en savoir plus, voyez notre newsflash n°91

 

 En débat sur Newsflash : Global Finance vote pour la banque publique

Le magazine Global Finance a publié son classement annuel des établissements financiers les plus solides au monde. Ce classement répertorie les 50 institutions dont les actifs présentent les plus grandes garanties de stabilité. Passez la confiance aveugle faite aux agences de notation Notation Classification des actifs (titres, monnaie, prêts...) ou des émetteurs de ceux-ci en fonction du risque de défaut de paiement des revenus et du remboursement de ces actifs ou de la part de celui qui les émet. Cette classification est attribuée par une société privée, appelée agence de notation. Les trois plus importantes sont Fitch Ratings, [Moody’s et Standard & Poor’s. Elles contrôlent l’essentiel des évaluations de risque. Mais le fait qu’elles soient privées et qu’elles aient d’autres départements assurant d’autres fonctions vis-à-vis de leurs clients qu’elles notent pose un très sérieux problème d’indépendance, d’impartialité et finalement de légitimité. Les notations dépendent des sociétés qui les allouent. En général, elles ressemblent néanmoins fortement de la classification suivante, allant de l’actif ou de l’entreprise la moins risquée vers celui ou celle qui l’est le plus : AAA, AA, A, BBB, BB, B, CCC, CC, C.
(en anglais : credit rating).
, un enseignement important : les cinq premières places du hit-parade sont toutes trustées par des institutions financières publiques et européennes de surcroît… Pour en savoir plus, voyez notre newsflash n°90

 

 En débat sur Newsflash : Dette US. L’oligarchie s’en sort bien

Après bien des atermoiements, le pouvoir législatif américain a une nouvelle fois relevé le plafond autorisé de la dette publique Dette publique État d’endettement de l’ensemble des pouvoirs publics (Etat, régions, provinces, sécurité sociale si elle dépend de l’Etat...).
(en anglais : public debt ou government debt)
du pays. En contrepartie, un vaste programme d’austérité Austérité Période de vaches maigres. On appelle politique d’austérité un ensemble de mesures qui visent à réduire le pouvoir d’achat de la population.
(en anglais : austerity)
budgétaire a également été voté. En d’autres termes, l’Etat US peut continuer à s’endetter mais, dans le même temps, il s’interdit de stimuler l’économie par les dépenses publiques. Par contre, silence radio en ce qui concerne la séparation des métiers bancaires. Les banques continueront donc à spéculer grâce à de l’argent public à bas prix… Business as usual ! Pour en savoir plus, voyez notre newsflash n°89

 

 En débat sur Newsflash : La crise, la Grèce, on vend tout !

En Grèce, pour financer le processus de socialisation des pertes privées, l’Etat vend à peu près tout ! Les activités du port du Pirée, les télécoms, la banque publique et la banque de la Poste, rien n’échappe aux marchés. La Grèce n’est pas une exception. Elle confirme juste une règle. A l’échelle planétaire, 2010 a d’ailleurs battu tous les records de privatisations. Montant total : 150 milliards d’euros ! Pour en savoir plus, voyez notre newsflash n°88

 

 En débat sur Newsflash : Le projet bolivien du lithium Lithium Métal blanc, alcalin, le plus léger de tous les métaux. retardé par de fortes pluies

Si le lithium bolivien continue d’attiser les convoitises des opérateurs privés occidentaux, il restera bel et bien un projet public même si certains partenariats ne sont pas à exclure. L’exploitation du lithium a cependant pris un peu de retard dû aux fortes pluies dans la région du lac d’Uyuni. La principale menace planant sur les investissements publics boliviens n’est cependant pas météorologique. La chute du prix du lithium sur les marchés mondiaux par contre assombrit quelque peu les projets d’indépendances économiques du gouvernement Morales. Pour en savoir plus, voyez notre newsflash n°87