LBHB condamnée par les spéculateurs


Vendredi 11 février 2011, Raf Custers, 2631 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Que 146 emplois soient condamnés à Grivegnée, rares sont ceux qui s’en étonnent. C’est la banalisation du drame humain. Par contre, que – comme nous le dit l’agence Belga - la spéculation Spéculation Action qui consiste à évaluer les variations futures de marchandises ou de produits financiers et à miser son capital en conséquence ; la spéculation consiste à repérer avant tous les autres des situations où des prix doivent monter ou descendre et d’acheter quand les cours sont bas et de vendre quand les cours sont élevés.
(en anglais : speculation)
sur le cuivre ait entraîné la mise en liquidation de l’usine, ça mérite une explication. Depuis le 4 février, Leaf Business Holdings Belgium (LBHB) cherche un repreneur. L’outil est performant, la main d’œuvre motivée. Mais les marchés financiers jouent de mauvais tours à cette PME belgo-espagnole. LBHB produit des tubes en cuivre, pour la climatisation, le sanitaire, la réfrigération. Elle consomme en moyenne 2000 tonnes de cuivre par mois. Mais le prix du cuivre est très volatile. Début 2009 la tonne s’achetait encore à 3000 dollars. A ce moment la facture pour LBHB s’élevait chaque mois à 6 millions de dollars (qu’il fallait avoir en caisse), la devise mondiale pour toute vente ou achat de métal de base. « Mais ce matin, j’ai encore vérifié les cours à Londres », nous dit Jean-Luc Backes, délégué syndical (FGTB), « et le cuivre dépasse maintenant les 10.000 dollars la tonne. C’est insoutenable. Pourquoi ? Faites le calcul. 2000 tonnes de cuivre par mois à un tel pris, cela suppose un fonds Fonds (de placement, d’investissement, d’épargne…) : société financière qui récolte l’épargne de ménages pour l’investir ou le placer dans des produits financiers plus ou moins précis, parfois définis à l’avance. Il existe des fonds de pension, des fonds de placement, des fonds de fonds qui sont proposés à tout un chacun. En revanche, les hedge funds (fonds spéculatifs) et les private equity funds sont réservés à une riche clientèle.
(en anglais : fund)
de roulement mensuel de 20 millions de dollars ». LBHB n’a pas la capacité de mobiliser cet argent, en partie parce la tuyauterie en cuivre subit la concurrence des tuyaux (moins chers) en plastique. Mais pourquoi le prix du cuivre a-t-il grimpé (de 35% en 2010) ? La raison : l’offre ne peut pas satisfaire la demande. Davantage d’augmentations peuvent suivre. Cela rend gloutons les spéculateurs. Ceux-là achètent et revendent des masses de contrats de cuivre (« du papier ») sans qu’un gramme de métal ne soit livré devant leur porte. « Il y a maintenant 30 fois plus de papier que du cuivre », dit Jean-Luc Backes. Donc 30 fois plus d’argent investi dans la spéculation Spéculation Action qui consiste à évaluer les variations futures de marchandises ou de produits financiers et à miser son capital en conséquence ; la spéculation consiste à repérer avant tous les autres des situations où des prix doivent monter ou descendre et d’acheter quand les cours sont bas et de vendre quand les cours sont élevés.
(en anglais : speculation)
que dans la fabrication de produits en cuivre. LBHB en est la victime.

Les origines de LBHB remontent aux Usines Chaudoir, créées au début du 19e siècle et devenues les Usines Cuivre et Zinc en 1882. Depuis 1986 l’usine de Grivegnée a été reprise trois fois. Aujourd’hui elle cherche un quatrième repreneur. Existe-t-il encore, ou, préfère-t-il lui aussi s’adonner à la roulette du papier profit ?

Source : Jean-Luc Backes, président de la délégation syndicale FGTB à LBHB, Blog des travailleurs de LBH SL (usine sœur en Espagne), L’Echo 3 février 2011, Belga 4 février 2011, Financial Times 14 janvier et 2 et 4 février 2011