Continental : reclassé au cimetière


Vendredi 20 janvier 2012, Erik Rydberg, 1270 signes.
Cet article a été visité 258 fois

Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

Version imprimable de cet article Version imprimable

La transnationale Transnationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : transanational)
allemande du pneu Continental a fait l’objet au Gresea d’un livre - http://www.gresea.be/spip.php?article14 - et de quelques échos sur son observatoire des entreprises. La société est en effet assez exemplaire – d’un mode de fonctionnement somme toute banal. Elle a repris des usines de pneus en Belgique et en France, puis elle a fermé, pour produire ailleurs, moins cher. Continental a refait l’actualité en France. Lundi 16 janvier 2012, Michel Letupe, un "ex-Conti", 43 ans, s’est jeté sous un train. Pour lui, trop, c’était trop. Une vie qui s’effondre. Il n’est pas le seul. D’une étude réalisée l’été 2011, il ressort que sur les 800 travailleurs licenciés sondés, 429 se sentaient "touchés psychologiquement, avec tendance dépressive voire suicidaire". Ils n’étaient pas 800 mais 1.084 en tout à Continental France. Et ce n’est pas le plan social ni la cellule de reclassement qui les a sorti du désespoir programmé : seuls 212 d’entre eux ont retrouvé un emploi stable avec un contrat à durée indéterminée. Il y en a aussi 89 qui ont tenté de monter leur propre boîte avec, là, déjà une douzaine de dépôts de bilan. Exemplaire, donc, mais banal.

Source : L’Humanité du 18 janvier 2012