Wal-Mart & Co. font alliance "sociale"


Mardi 15 mars 2011, Erik Rydberg, 1795 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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A terme, disent les promoteurs de l’initiative, elle révolutionnera les étiquettes des vêtements avec des indications précises sur leur qualité environnementale et sociale. Dans un premier temps, l’objectif est plus modeste : établir une base de données permettant d’identifier les impacts environnementaux et sociaux de la production de vêtements tout au long de leur longue chaîne de fabrication. Donc, chez tous les fournisseurs, toutes les filiales, tous les sous-traitants, tous les sous-producteurs – jusqu’aux fabricants de tirettes, de teintures, de coton, dont les commanditaires avouent ne pas en connaître toutes les ramifications. La base de données aura l’avantage, apprend-t-on, de permettre l’octroi d’un "score de durabilité" aux unités de production utilisées dans le Tiers-monde – et, pour les commanditaires, d’écarter celles d’entre elles qui ne répondent pas aux préoccupations écologiques ou sociales des consommateurs (en Occident). C’est une forme nouvelle d’externalisation Externalisation Politique d’une firme consistant à sortir de son ou de ses unités de production traditionnelles des ateliers ou départements spécifiques. Cela peut se passer par filialisation ou par vente de ce segment à une autre entreprise.
(en anglais : outsourcing)
 : la responsabilité de produire "proprement" est reportée sur le Tiers-monde – et qu’il se débrouille. Le chef de file de cette initiative, baptisée Sustainable Apparel Coalition, est sans surprise la multinationale Multinationale Entreprise, généralement assez grande, qui opère et qui a des activités productives et commerciales dans plusieurs pays. Elle est composée habituellement d’une maison mère, où se trouve le siège social, et plusieurs filiales étrangères.
(en anglais : multinational)
américaine de la grande distribution Wal-Mart, mais elle est bien entourée, ayant à ses côtés J.C. Penney, H&M, Hanes, Timberland et Patagonia (dont le PDG a été bombardé président de la "coalition"), mais aussi l’université de la Caroline du Nord, le ministère états-unien de la protection de l’environnement et Vérité, un groupe de défense des droits sociaux. Donc, il y a de l’argent. Pour lancer le projet, ils ont deux millions de dollars à leur disposition.

Source : International Herald Tribune, 2 mars 2011.