P.A. 2009-2010

La coalition Travail décent au Parlement


Campagne "Travail décent"

Mardi 3 mars 2009, GRESEA ASBL, 2750 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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La Coalition Travail décent associant syndicats et ONG s’est retrouvée au Parlement fédéral pour une table ronde avec le pouvoir législatif afin d’examiner ensemble comment faire progresser la cause du monde du travail. Comme Bernard Noël, secrétaire général du syndicat libéral l’a rappelé, en citant Juan Somavia (Organisation internationale du travail Organisation internationale du Travail Ou OIT : Institution internationale, créée par le Traité de Versailles en 1919 et associée à l’ONU depuis 1946, dans le but de promouvoir l’amélioration des conditions de travail dans le monde. Les États qui la composent y sont représentés par des délégués gouvernementaux, mais également - et sur un pied d’égalité - par des représentants des travailleurs et des employeurs. Elle regroupe actuellement 183 États membres et fonctionne à partir d’un secrétariat appelé Bureau international du travail (BIT). Elle a établi des règles minimales de travail décent comprenant : élimination du travail forcé, suppression du labeur des enfants (en dessous de 12 ans), liberté des pratiques syndicales, non-discrimination à l’embauche et dans le travail… Mais elle dispose de peu de moyens pour faire respecter ce qu’elle décide.
(En anglais : International Labour Organization, ILO)
), nous vivons une époque où "le marché Marché Lieu parfois fictif où se rencontrent une offre (pour vendre) et une demande (pour acheter) pour un bien, un service, un actif, un titre, une monnaie, etc. ; un marché financier porte sur l’achat et la vente de titres ou d’actifs financiers.
(en anglais : market)
a été surévalué, les Etats sous-évalués et le travail... dévalué." Cela résume bien. A l’invitation de la Coalition, une vingtaine de députés et d’assistants parlementaires – majoritairement néerlandophones et de centre droite – ont ainsi eu l’occasion de se situer sur deux thématiques prioritaires de la Coalition, la régulation des investissements à l’étranger des multinationales et, question sur laquelle le Gresea a joué un rôle moteur, la régulation des activités des multinationales, par exemple en introduisant des normes sociales dans l’attribution des marchés publics, par exemple en obligeant les entreprises à plus de transparence et de responsabilité juridique pour les conséquences sociales de leurs stratégies étrangères et, en particulier, de sous-traitance Sous-traitance Segment amont de la filière de la production qui livre systématiquement à une même compagnie donneuse d’ordre et soumise à cette dernière en matière de détermination des prix, de la quantité et de la qualité fournie, ainsi que des délais de livraison.
(en anglais : subcontracting)
. Felipe Van Keirsbilck (CSC) enfoncera à cet égard le clou : "Le respect, par les entreprises, des normes sociales fondamentales, et toute régulation législative y relative, n’est pas affaire d’option Option Contrat où un acquéreur possède le droit d’acheter (option dite « call ») ou de vendre (option dite « put ») un produit sous-jacent (titre, monnaie, matières premières, indice...) à un prix fixe à une date donnée, moyennant l’octroi une commission au vendeur. C’est un produit dérivé.
(en anglais : option).
, mais d’obligation Obligation Emprunt à long terme émis par une entreprise ou des pouvoirs publics ; il donne droit à un revenu fixe appelé intérêt.
(en anglais : bond ou debenture).
." Du côté des parlementaires, où ces thèmes font l’objet de diverses initiatives, on relèvera peut-être, sans doute significatifs, une tendance (VLD) à rejeter sur les pays du Tiers-monde la responsabilité des agissements illégaux commis par les multinationales, faute de "bonne gouvernance" là-bas, et, en sens inverse, une tendance (Ecolo) à renvoyer la balle dans le propre camp et à ses propres contradictions : "Nous éprouvons des problèmes de conscience à imposer des normes sociales aux pays du Sud, mais aucun, dès lors qu’il s’agit de les contraindre à signer des accords d’investissements et de libre-échange favorables à nos entreprises, tels les accords de partenariats économiques avec l’Afrique", dira Juliette Boulet, députée Verte. Morale ? Le progrès avance à pas lourds et lents.

En savoir plus : les deux thèmes prioritaires de la Coalition Travail décent, régulation des investissements étrangers et régulation des multinationales, ont fait l’objet de deux fiches descriptives. Vous pouvez les télécharger ici :