P.A. 2009-2010

Pratiques des géants de la distribution sous la loupe


Volet 2 : Transparence et reporting social

Mercredi 18 février 2009, GRESEA ASBL, 2186 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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Le Gresea participe au séminaire organisé par la Campagne Vêtements propres à l’intention de ses membres, le 23 janvier 2009, pour présenter et débattre de son rapport sur les répercussions sociales et économiques de la pression exercée par les grandes marques comme Wal-Mart, Carrefour ou encore Aldi sur les travailleurs de leurs fournisseurs au Sud. Carrefour rogne sur ses prix et c’est plus de précarité dans ses ateliers de sous-traitance Sous-traitance Segment amont de la filière de la production qui livre systématiquement à une même compagnie donneuse d’ordre et soumise à cette dernière en matière de détermination des prix, de la quantité et de la qualité fournie, ainsi que des délais de livraison.
(en anglais : subcontracting)
en Inde ou au Bangladesh. Même chose au Nord. Chez Aldi, Lidl, ou Red Market (Delhaize), l’heure est à l’économie de la misère : des produits "low-cost" à destination des travailleurs pauvres, précaires ou sans emploi. Pour An Agon, coordinatrice au Setca, il faut mettre fin au "shopping" des géants de la distribution sur les commissions paritaires. Les travailleurs d’un hypermarché relèvent de la 312 alors que ceux des petits magasins indépendants (moins de 20 employés) sont versés dans la 201. La 201 par rapport à la 312 ? Des salaires inférieurs pour un temps de travail qui augmente. Et cela explique la multiplication des GB Contact et autres Proxy Delhaize. Constatation générale : dans la grande distribution, à diplôme égal et quel que soit le poste, le salaire est toujours inférieur à la moyenne belge… Pour René-Paul Malevé, de la CNE commerce, les enjeux sociaux inhérents à la grande distribution sont multiples : nécessité d’uniformiser vers le haut les commissions paritaires, de rediscuter les contrats étudiants, d’éviter la flexibilité à l’extrême pour les temps partiel, de lutter contre la segmentation du métier. Enfin, René-Paul Malevé en appelle aussi à plus de démocratie sociale pour que les travailleurs soient associés aux politiques commerciales du magasin – jusqu’à autoriser les salariés belges à ne plus vendre des produits fabriqués par des travailleurs exploités au Sud ? Ce serait là une forme assez inédite de solidarité nord-sud…

Le rapport, intitulé "Cash !", a été mis à la disposition du grand public le 10 février sous forme téléchargeable à l’adresse URL :http://www.vetementspropres.be/doc/RapportCashFR.pdf.