P.A. 2009-2010

La FGTB wallonne syndicalise le travail décent dans le Tiers-monde


Volet 2 : Transparence et reporting social

Vendredi 16 janvier 2009, GRESEA ASBL, 2938 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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"Concrètement, là-bas, il faut parler salaires", dit Françoise Lejeune de la FGTB Verviers. Là-bas comme ici. Là-bas, c’est en Haïti, où la FGTB développe un projet syndical dans une zone franche Zone franche Territoire d’un pays où certaines règles fiscales, sociales ou administratives en sont pas appliquées (ou à des taux très peu élevés) ; ces mesures sont prises en vue d’attirer des entreprises étrangères de venir s’installer dans le pays. de production de jeans Levi’s pour les Etats-Unis. Zone de non-droit, salaires de misère. Et, ici, dans un système économique qui tend vers le même modèle, c’est Namur : un colloque où la FGTB wallonne a convié, le 15 janvier 2009, syndicalistes et ONG à partager les enseignements de son action Action Part de capital d’une entreprise. Le revenu en est le dividende. Pour les sociétés cotées en Bourse, l’action a également un cours qui dépend de l’offre et de la demande de cette action à ce moment-là et qui peut être différent de la valeur nominale au moment où l’action a été émise.
(en anglais : share ou equity)
en faveur du travail décent dans le Tiers-monde. Le Gresea a participé à la réflexion collective. Quel peut être, ainsi, le message syndical dans un hémisphère où, comme dira au sujet de l’Afrique Mamadou Diallo, formateur à la Confédération syndicale internationale, les politiques des institutions financières internationales ont poussé au déclin le système industriel et organisé la misère sous forme de zones franches d’exportation ? Reparler salaires, dira Françoise Lejeune. "Dénoncer les dérives du système", résumera Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB wallonne. "Agir pour reconstruire l’unité syndicale", précisera Mario Lada (métallos), car c’était à la condition de réunir trois des neuf syndicats panaméens sous une même coupole qu’ils ont réussi à créer une mobilisation ouvrière massive pour l’indexation des salaires Indexation des salaires Mécanisme d’ajustement automatique des revenus des travailleurs à la hausse des prix. Chaque fois que les prix à la consommation (pondérés pour un revenu moyen) augmentent de 2%, le mois suivant les salaires croissent d’autant. Un tel mécanisme n’existe plus qu’en Belgique et au Luxembourg.
(En anglais : wage indexation)
. Et puis, il y a le Bénin. Intéressant, le Bénin. Marcel Pirard, chargé d’un projet de formation des juges sociaux béninois, mettra en exergue la soif intellectuelle populaire qui habite ce pays : "Chez eux, pour apprendre, il n’y a pas d’horaire, on arrête quand il n’y a plus de questions, très tard souvent – et le formateur apprend lui-même autant qu’il donne." Mais, paysage contrasté, car en même temps, ce sont des structures publiques dévastées, aucun transport en commun et, à Cotonou, c’est le règne de la débrouille dans un nuage de gaz d’échappement craché par des dizaines de milliers de mobylettes conduites par les travailleurs du secteur "informel" qui les exploitent individuellement pour s’en trouver exploités collectivement. Pour syndicaliser – conscientiser – dans de pareilles conditions, expliquera Maurizio Vitullo du Centre d’Education populaire André Genot, il faut construire à partir de zéro, donc créer des services au raz des pâquerettes sur lesquels bâtir une solidarité ouvrière : aider les travailleurs à devenir propriétaires de leurs mobylettes, mettre en place des assurances mutualisées, etc. Mais, sans doute, est-ce la Palestine et son peuple massacré qui livrera le message politique de la journée : le "travail décent" restera un vain mot, dira Marie-Jeanne Sirquet de la Centrale Générale, "tant qu’il n’y aura pas un Etat palestinien indépendant". Là comme ailleurs… Les nations, les peuples et les travailleurs doivent d’abord se rendre maîtres de leur destin.