La tragédie ABN Amro se mue en farce théâtrale


Vendredi 9 mars 2012, Erik Rydberg, 1598 signes.
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Gresea asbl (Groupe de recherche pour une stratégie économique alternative)

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On s’en souviendra. La plus grande OPA OPA Offre publique d’achat : proposition publique faite par un investisseur d’acquérir une société ou une partie de celle-ci à un prix annoncé. Elle peut être amicale ou hostile, si le management de la firme ciblée est d’accord de se faire reprendre ou non.
(en anglais : tender offer).
bancaire (72 milliards d’euros), tentée en 2007 par les mousquetaires du jet-set financier (en Belgique, le baron Lippens), s’est effondrée tel un château de cartes, entraînant dans sa chute non seulement la "cible", ABN Amro, vénérable institution hollandaise vieille de 183 ans, mais aussi le trio prédateur, la Royal Bank of Scotland, Barclays et Fortis, tous sauvés de justesse par injections massives de fonds Fonds (de placement, d’investissement, d’épargne…) : société financière qui récolte l’épargne de ménages pour l’investir ou le placer dans des produits financiers plus ou moins précis, parfois définis à l’avance. Il existe des fonds de pension, des fonds de placement, des fonds de fonds qui sont proposés à tout un chacun. En revanche, les hedge funds (fonds spéculatifs) et les private equity funds sont réservés à une riche clientèle.
(en anglais : fund)
publics. Un mauvais film ferait-il une bonne pièce ? C’est apparemment ce que pense le Théâtre national des Pays-Bas qui, en ce printemps 2012 et sur la base du livre de Jeroen Smit ("The perfect prey", la proie idéale, 2008), met en scène la spectaculaire débâcle – dont coût pour le contribuable : 30 milliards d’euros. La scénographie est de la dramaturge Sophie Kassies et le message central tient en un mot : donner la priorité à la valeur actionnariale, avec son accent sur les dividendes, est incompatible avec la bonne gestion d’une banque. Ou, dans le commentaire donné par Sophie Kassies : "La banque vieux-style des années 1990 croyait encore en la fonction utilitaire des banques en accordant beaucoup d’importance à ses clients. Quand Rijkman Groenink a repris les rênes, ils ont mis l’actionnaire Actionnaire Détenteur d’une action ou d’une part de capital au minimum. En fait, c’est un titre de propriété. L’actionnaire qui possède une majorité ou une quantité suffisante de parts de capital est en fait le véritable propriétaire de l’entreprise qui les émet.
(en anglais : shareholder)
à la place du client." Avec les résultats qu’on sait. La TV hollandaise envisage d’en faire une série télé en trois volets. Le gouvernement hollandais, lui, a annoncé l’adoption d’une loi scindant les activités bancaires de dépôt et d’affaires.

Source : Financial Times, 9 mars 2012