Essayons de suivre. En Belgique, le groupe belge de plantations de palmiers Socfinal appartient à 40 % au conglomérat français Bolloré et, à 60 %, à la famille belge Fabri. Au Cameroun, via sa filiale la Compagnie camerounaise de palmeraies (Socapalm), le groupe exploite une plantation de palmiers à huile de 9.000 hectares. Pas dans les meilleures conditions pour les travailleurs : absence de dispositifs de sécurité (gants de travail, etc.) et un salaire indécent (en moyenne 53 euros par mois, lorsqu’il est payé) pour couper des régimes de noix de palme, travail lourd et harassant. Sans compter les conditions de vie et de logement dans des campements éloignés. Là, naturellement, on aimerait connaître le responsable de la situation. Socfinal ? Bolloré ? Fabri ? Socapalm ? C’est vers cette dernière, la filiale locale, que se tourneront en priorité travailleurs et syndicats. Las ! Bien que Socapalm contrôle 80 % du marché camerounais de l’huile de palme, il y a, pour faire écran, "des contrats de sous-traitance? avec une soixantaine de sociétés pour la gestion de l’essentiel de la main-d’œuvre". Voilà qui est bien organisé.

Source : http://archives.liberation.fr/actualite/economie_terre/314930.FR.php/