Le géant britannique du private equity CVC Capital Partners est entré dans la capital de La Poste en 2005, 25% au prix de 150 millions d’euros. Quatre ans plus tard, 2009, il reprend les 25% que détenait La Poste danoise en allongeant encore 373 millions. Au total, donc, un "investissement" de 523 millions d’euros. Il a été pour le moins bien rentabilisé puisque, en huit ans, selon les calculs du journal De Tijd relayés par son homologue francophone L’Écho, CVC a engrangé 585 millions d’euros en dividendes et en diverses gratifications aux actionnaires. Pour faire quoi ? En général, le plan carrière des fonds spéculatifs consiste à revendre leur "cible" lorsqu’elle (dégraissage aidant) a gagné de la valeur en Bourse. La Poste n’est pas en Bourse mais on estime que sa valeur est passée de quelque 600 millions d’euros en 2005 à entre 2,2 et 3 milliards d’euros en 2013, soit quatre à cinq fois plus. Il ne reste donc plus qu’à... l’introduire en Bourse. C’est ce qui devrait se faire d’ici à l’été 2013. Selon toute vraisemblance, CVC vendra alors entre 25 et 30% de son capital dans La Poste ("bpost" dans le langage bébé des commerciaux) – avec un gain (profit net) escompté oscillant entre 550 et 900 millions d’euros. Les entreprises publiques ont du bon...

Source : L’Écho du 27 mars 2013.