L’année prochaine, en 2014, une douzaine d’entreprises devraient suivre l’exemple de Puma et, comme la transnationale allemande du vêtement de sport l’a fait en 2010, produire un rapport "pertes et profits environnemental". En prenant cette initiative, Puma était arrivé à un résultat pour le moins étonnant. En estimant les coûts environnementaux causés par la firme et sa chaîne d’approvisionnement mondiale, Puma les a en effet chiffrés à 145 millions d’euros – sur un profit net de 202 millions. En d’autres termes, comme rapporte le Financial Times, "si Puma avait dû supporté les coûts environnementaux de ses propres activités ainsi que ceux de ses fournisseurs, ses revenus auraient chuté de plus de deux tiers." Le cas n’est pas propre à Puma. D’après le Financial Times, les activités de 3.000 plus grandes entreprises cotées en Bourse causeraient des dommages environnementaux dont le coût global s’élèverait à 50% de leurs revenus additionnés. Mais ces coûts, sans surprise, sont "externalisés", ils ne sont pas portés en compte, ils sont "socialisés", payés par la collectivité. On est loin du principe "pollueur payeur". A entendre le journal de la City de Londres, on s’en rapprocherait peut-être : le procédé consistant à externaliser ces coûts serait jugé "par les économistes" comme une "défaillance du marché" qu’il y aurait lieu de remédier en "attribuant une valeur monétaire aux coûts externes" des entreprises et en l’incorporant dans leurs comptes financiers et opérationnels, à l’exemple de Puma et de la douzaine de transnationales qui ont annoncé en suivre le modèle et, plus fort, bâtir une coalition visant à en faire adopter plus largement le principe. Faut-il ici parler, mus par la crème des sociétés transnationales, d’altercapitalisme, voire d’altermondialisation ? L’interrogation n’est pas gratuite car cette évolution, à supposer qu’elle se concrétise, ne fera sans doute que consolider la situation des plus puissants en laissant intact leur modèle d’exploitation mondiale de l’échange inégal entre nations.

Source : Financial Times, 24 juin 2013 - article entier : http://www.ft.com/intl/cms/s/0/0b708b78-d751-11e2-a26a-00144feab7de.html#axzz2XmUXDFUA