Forum social du Pays de Herve ! Le "partenariat" transatlantique de commerce et d’investissement entre l’Union européenne et les États-Unis, en cours de négociation, représente un enjeu socioéconomique majeur pour les peuples concernés, tout comme son pendant oriental que Washington entend conclure en parallèle avec le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande (et quelques "idiots utiles" d’Amérique du Sud : Mexique, Pérou et Chili).

Lancées en juillet 2013 en Europe, les négociations secrètes autour du TTIP (acronyme anglais du machin) ont entretemps fait l’unanimité contre elles – dans tout ce qui compte de "société civile" organisée, mais guère au-delà. C’est que cet accord promet monts et merveilles en termes de création d’emplois et de croissance économique, et cela rend les syndicats, dans leur majorité, assez sensible à l’argument, climat de sinistrose économique aidant.

La messe n’est pas dite pour autant, comme le démontre sans doute la conférence-débat à laquelle le Gresea a été convié le 12 mars dernier par le Forum social du Pays de Herve et le Mouvement ouvrier chrétien (Verviers), ce aux côtés de Laurent Pirnay (CGSP), Etienne Lebeau (CNE) et Luc Hollands (MIG, regroupant des producteurs laitiers).

Quelque 47 personnes avaient fait le déplacement à Herve, ce qui n’est pas un mince succès en soirée, un mercredi d’une douceur particulièrement printanière – non loin du joli parc Detry et de la sympathique Friterie du Centre (près de 25 ans d’existence !) où la petite Léa (6 ans ?) joue à l’espiègle maîtresse de maison en courant entre les tables, laissant aux adultes le soin d’accommoder frites et steak en béarnaise.

Que le TTIP soit la énième expression d’une "Europe foncièrement technocratique" forgeant un modèle de société dont la "logique de marché" se fait contre les peuples, comme soutient Laurent Pirnay, qu’il se dessine comme une "massive régression des droits sociaux" pour reprendre les termes d’Etienne Lebeau ou encore, suivant en cela Luc Hollands, qu’il démolira ce qu’il subsiste encore d’agriculture de qualité, rien de cela n’a guère été mis en doute par le public, largement féminin et issu de toutes les classes d’âges. Une dame lèvera la main pour s’interroger : les médias qui vivent de la pub ne vont vraisemblablement pas critiquer la main qui les nourrit. C’est bien vu. Mais il n’y a pas que les médias…

Le Gresea a produit un PowerPoint destiné à "cadrer" la question. Voir ci-contre