Le Gresea sera présent au Forum Social Mondial de Tunis du 24 mars au 28 mars 2015.

Il y co-organisera avec le Cota, ASF et la FGTB un atelier sur la criminalisation des réseaux sociaux le 26 mars et un autre sur la convergence mondiale des Résistances au pouvoir des multinationales.

 

Gresea à Tunis 4e jour : "la criminalisation des mouvements sociaux"

Le Gresea, en collaboration avec le COTA et la FGTB, a organisé un atelier sur la criminalisation de la contestation sociale. Plusieurs témoignages de représentants d’Avocats sans frontières, du COSSEP (syndicats de RDC) et de la FTGB ont pu mettre en lumière certaines modalités de la criminalisation : arrestations, amendes, interprétations abusives des lois, rétrécissement du droit de grève, diabolisation des syndicats…

Si d’apparence la criminalisation de la contestation sociale semble réduire les forces sociales, elle met, en fait, en exergue les rapports de force en présence et montre à quel point les contestations sociales détiennent un poids certains dans ces rapports de force.

Au contraire des mécanismes de contournement et/ou d’ignorance des revendications sociales qui font véritablement disparaître les contestations puisque le rapport de force n’existe même plus. Il serait donc intéressant de se pencher également sur les modalités de ces stratégies de contournement moins abordés lors de l’atelier.

Gresea à Tunis 3e jour : "TTIP, Ceta, Tisa…Dérégulation ?"

Quand le néolibéralisme se voit fermer la porte du multilatéralisme à l’OMC (Organisation mondiale du Commerce) par quelques États du Sud récalcitrants, il revient par la fenêtre des accords régionaux. Les négociations d’un accord transatlantique (TTIP), d’un accord commercial entre l’Union européenne et le Canada (Ceta) et du projet Tisa (ex AGCS), un accord sur le commerce des services entre 50 pays (dont les 28 États membres de l’Union européenne sont parties prenantes), résument, si on y ajoute les négociations Transpacifiques, cette reconfiguration du commerce mondial. A l’OMC cependant, les États décident de ce qu’ils veulent libéraliser… Il se trouve donc toujours, pour bloquer, un État du Sud peu convaincu de l’intérêt d’ouvrir ses services publics à la concurrence des entreprises multinationales. Les modèles d’accords régionaux sont eux fondés sur un principe différent : "tout est ouvert à la privatisation sauf ce que les États décident". L’exception culturelle française en est un exemple… Le seul à notre connaissance ! Devant cette destruction programmée des services publics, les acteurs du mouvement social réunis à Tunis opposent une réponse claire : "il faut refuser en bloc ce type de négociation". Une question se pose néanmoins sur le contenu du discours critique visant à sensibiliser les populations aux méfaits de cette marchandisation massive de toutes les dimensions de nos vies. Peut-on décrire ces phénomènes comme relevant de la "dérégulation" ? Ne s’agit-il pas bien au contraire d’une autre réglementation ? Une réglementation qui vise à soumettre l’intérêt général aux normes de l’investisseur privé. Dans une approche d’éducation populaire, le choix des termes n’est pas innocent. Si on fait le choix, correct, de parler de réglementation, on entrevoit mieux quels sont les pouvoirs auxquels s’opposer. Mais la question fait encore débat…

Gresea à Tunis, 2e jour : "démanteler le pouvoir des multinationales"

De l’aveu même de ses promoteurs, une quarantaine d’organisations de 23 pays différents, l’objectif de la campagne "démanteler le pouvoir des multinationales" est ambitieux. Lancée en 2012 à Rio de Janeiro, elle vise à coordonner les luttes contre les entreprises multinationales ainsi que présenter un traité populaire international aux Etats et aux organisations internationales. Ce traité doit contraindre les pouvoirs publics à réglementer l’activité des multinationales et mettre fin à l’impunité dont elles jouissent sur la scène internationale. Pour Brid Brennan, du TransNational Institute (TNI), il faut "changer de paradigme". La tâche est ardue d’autant qu’un certain flou persiste. Comment résoudre les contradictions pouvant naître entre les luttes des communautés locales, touchées par les conséquences sociales et environnementales des activités des firmes, et les intérêts des travailleurs et des organisations syndicales qui restent d’abord focalisées sur le maintien de l’emploi ? Enfin, comme le mentionnera Rui Campos, syndicaliste argentin, lors des débats, il serait réducteur de tracer une frontière stricte entre les "mauvaises" multinationales et les "bonnes" petites entreprises. En Argentine, 60% des entreprises sont détenues par des investisseurs étrangers, mais c’est dans les 40% restant que l’on observe les pires conditions de travail. La sous-traitance est toujours au coin de la rue…

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Gresea à Tunis, 1er jour : "Au bout du fil, la mondialisation"

En marge du Forum Social Mondial, la coordination internationale des travailleurs des centres d’appel, le réseau Rezisti, s’est donné rendez-vous rue des entrepreneurs à Tunis. Cette rue, située à quelques pas de l’aéroport, rassemble les entreprises du secteur des centres d’appel. Teleperformance, B2C ou Armatis Laser Contact, autant de sous-traitants de donneurs d’ordre multinationaux bien mieux connus tels que Orange Telecom, Boygues, Mobistar ou encore les Pages jaunes.

La manifestation de ce 24 mars 2015 s’est déroulée dans la cour de l’entreprise Armatis Laser Contact, centre d’appel de groupe français Bouygues et des Pages jaunes. Armatis compte quelque 3.000 travailleurs répartis sur plusieurs sites en France, en Tunisie, en Pologne et au Portugal. Outre l’amélioration des conditions de travail, la principale revendication commune des travailleurs est l’arrêt des licenciements abusifs et la reconnaissance de la liberté syndicale.

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