ArcelorMittal est une multinationale en restructuration constante depuis plusieurs années. Ces "réorganisations" dans le groupe ont déjà coûté plusieurs dizaines de milliers d’emplois dans la sidérurgie européenne depuis 2009. Alors que les fermetures d’outils en Belgique, en France ou en Espagne sont encore dans toutes les mémoires, de nouvelles rumeurs de fermetures ou de concentrations de sites font à nouveau les gros titres de la presse économique. Le groupe ArcelorMittal souffre d’un endettement très important (16,6 milliards d’euros) ainsi que, comme d’autres sidérurgistes en Europe, de la concurrence des coils [1] à chaud importés de Chine ou des pays émergents. Pour faire face à cette situation, la stratégie du leader de la sidérurgie mondiale est, depuis plusieurs années, de spécialiser ses sites de production en Europe de l’Ouest sur des aciers à haute valeur ajoutée moins exposé à la concurrence internationale et de concentrer sa production sur un nombre moins important de sites [2].

A l’heure actuelle, les travailleurs des sites belges ont seulement été informés d’un nouveau plan de réduction des coûts, et pas d’un plan de restructuration futur [3]. Ce programme de réduction des coûts pose cependant question lorsqu’on le met en parallèle avec les accidents de ces derniers mois sur les sites français de Dunkerque et de Fos-sur-Mer [4]. Depuis 2014, trois intérimaires du groupe ont en effet trouvé la mort en France. Alain Audier, syndicaliste CGT à Fos-sur-Mer, pointe du doigt la précarisation du travail, mais également le manque d’investissement sur des outils de production qui ne sont plus "à la hauteur en termes de sécurité, de mise à niveau, d’entretien et de maintenance".