L’OPA 2008 de Porsche sur Volkswagen s’est transformée, on le sait, en une fable du gobeur gobé (voir, pour les rétroactes, nos précédentes dépêches). A quel point la pilule a été amère, on le sait moins, comme relate délicieusement un billet du Financial Times. Car les actions Volkswagen ordinaires (donnant droit de vote) que Porsche a achetées à tour de bras pour prendre d’assaut sa cible ont littéralement implosé : de 300 euros, elles n’en valent plus que 75 en décembre 2009 – au contraire des actions préférentielles (sans droit de vote) qui, en un an, ont gagné 77% en valeur, au point que le Dax index (le Bel 20 allemand) utilise désormais ces dernières pour la cotation en Bourse du constructeur automobile. Un constructeur qui, après intégration de Porsche (en cours), est par ailleurs décrit comme un des mieux placés pour affronter le marché mondial dans le secteur saturé de l’automobile et, toujours du point de vue boursier, comme une valeur plus que prometteuse car, on vient de le voir, fortement sous-évaluée, on ne payera donc pas cher pour un joli retour sur investissement. Il y a une morale ? Il n’y en a pas.

Source : Financial Times du 23 décembre 2009.