Les sociétés de conseil en placement sont parfois une source très didactique pour comprendre comment l’économie et le monde des entreprises fonctionnent. Voir par exemple la "lettre" que diffuse De Belegger et ce qu’elle dit de la société Devgen. Devgen est une firme gantoise d’agro-biotechnologie avec des bureaux à Hyderabad (Inde) et Singapour, elle emploie une centaine de personnes et... elle va plutôt mal. Son action, un temps à 27 euros, ne cotait plus, fin 2008, que 3,75 euros. Mais, comme explique De Belegger, fort d’un accord déjà avec Monsanto, datant de 2007, elle a reçu de cette dernière, fin avril 2009, 20 millions d’euros, c’est plus de 800 millions de nos anciens francs, presque un milliard. Pas pour rien, on s’en doute. En échange, raconte De Belegger, Monsanto aura accès à la technologie de Devgen pour un groupe étendu de semences – sont évoqués, le riz, le sorgum, le tournesol et le millet. Et d’ajouter : heureuse nouvelle pour Devgen car l’alternative, l’autre porte de sortie à ce mauvais pas était de passer par une augmentation du capital?, ce qui risquait de diluer l’actionnariat et, partant, les dividendes – auxquels aucun "investisseur" n’aime renoncer, même lorsque l’entreprise émettrice du titre est au plus mal. Quels sont, ici, ces investisseurs heureux ? En mai 2009, ils se répartissent comme suit : le fonds? d’investissement d’Adrianus Van Herck (13%), Petercam (8%), Biovest ComVa (6%), Monsanto (6%, soit un million de titres), Hermes (5%) et KBC Asset Management (3%). Cela, c’est après le grand mouvement de panique et de frénésie spéculative de novembre 2008 lorsque, dans ou profitant de l’affolement, plus d’un million de titres se sont échangés à la vitesse de l’éclair à l’initiative, supposée, du fonds? d’investissement GO Capital?, entré au capital? de Devgen en juin 2005 pour, en bout de course, grimper jusqu’à 22%... Novembre 2008, c’est aussi la date à laquelle Devgen ferme sa division pharma (19 emplois supprimés) pour se concentrer sur l’agro-alimentaire.

Source : De Belegger du 28 avril 2009, le site 6com des métallos FGTB et archives Gresea.