La Banque mondiale n’a guère la cote dans l’opinion publique. Le projet de "développement" qu’il a piloté en Albanie, et financé à hauteur de 13,5 millions d’euros, ne va pas redorer son blason. En toile de fond, la destruction illégale, pour faire place au projet, de seize logements dans la ville côtière de Jale. En toile de fond, comme écrit l’Economist, un dossier qui respire "l’incompétence, la mauvaise gestion, l’opacité, voire pire". Echantillon. Les employés de la Banque mondiale concernés ont bénéficié d’avantages en nature (lire : des pots-de-vin). La démolition des habitations a été mise en œuvre sur la base d’un accord avec le gouvernement albanais... inexistant, et à l’intervention directe, par un raid policier aux aurores, du coordinateur local de la Banque mondiale. Lequel coordinateur n’est autre que Sali Berisha, le beau-fils du Premier ministre albanais, nommé à cette fonction comme pour enfreindre exprès les règles destinées à éviter un conflit d’intérêts. S’entortillent également dans ce dossier, trois sociétés informatiques (en principe) exclues des marchés attribués par la Banque mondiale, dont Wipro et, empêtrée dans un dossier d’escroquerie comptable en Inde, Satyam.

Source : The Economist, 28 février 2009.[/rouge]