Une des stratégies imparables pour augmenter les ventes, pour une entreprise, est d’obliger le consommateur à acheter ses produits, sous peine d’amendes. Voir le cas des ascenseurs – et le titre lumineux que Les Echos ont rédigé pour situer cela : "La loi de mise en sécurité des ascenseurs tire le marché". Chez Schindler, Otis, Thyssenkrupp et Koné, en effet, la crise : connaît pas. Progression du chiffre d’affaires de 10% en 2008 dans ce secteur en France, qui affiche donc 2,7 milliards d’euros – avec, sans doute, annonce triomphalement le président de la corporation, Gérald Roux, une croissance de 4 à 5% en 2009. Au miracle, aucun mystère. C’est grâce à la loi du 2 juillet 2003 (et à la directive européenne du 29 juin 1995), obligeant à la mise en conformité progressive des anciens ascenseurs, que le lobby ascensoristes réalise ce beau résultat. On a dit lobby, là ? C’est un raccourci. Histoire de rappeler que les directives et lois qui réglementent la mise sur marché des produits industriels (normes sanitaires dans l’alimentaire, normes sécuritaires ailleurs : jouets, automobiles ou ascenseurs) sont, d’abord, des instruments "miraculeux" pour mener les gens en bateau. On veut dire : en ascenseur.

Source : Les Echos, 10 avril 2009.