L’annonce par le groupe Bic de son entrée dans le capital de l’indien Cello Pens, 40% avec option pour une participation majoritaire, détonne dans un climat de crise où, le même jour, Microsoft se lance dans la voie du licenciement collectif (5.000 travailleurs sur un total de 96.000) et Sony, autre géant aux pieds d’argile, se prépare à absorber une perte nette 2008 de 1,3 milliard de dollars. Bic, c’est le numéro un mondial du stylo à bille et, Cello Pens, le leader indien sur le même terrain, avec 37% du marché national. Bic est présent en Amérique du Nord (premier marché, 43% de ses ventes), en Europe (32%) et en Amérique latine (19%) ; il lui manquait l’Asie. Cello Pens lui ouvrira cela, un marché très fermé où on a intérêt à s’associer à un partenaire local. Les 40% de Cello Pens lui coûteront 124 millions d’euros, financés aux deux tiers par un emprunt à cinq ans et, là aussi, cela détonne à un moment où tant d’entreprises se voient fermer les portes d’un crédit bancaire. Il y a un secret ? Il y en a plusieurs. Primo, Bic demeure la propriété de la famille fondatrice (43,5% du capital) et n’a pas à s’inquiéter de la rapacité des boursicoteurs. Secundo, Bic est une entreprise saine, riche en cash (200 millions d’euros) et réputée pour la prudence de ses stratégies. Et, tertio, Cello Pens, ce n’est pas un coup destiné à gonfler artificiellement le bilan et le chiffre d’affaires mais un investissement qui s’inscrit dans une démarche à long terme. Le capitalisme de papa, pas mort.

Souce : Les Echos du 23 janvier 2009.