Une récente livraison de l’hebdomadaire de la City de Londres, The Economist [13 août 2005], signale la parution d’un livre du professeur d’université californien Mark LeVine intitulé " Pourquoi ils ne nous détestent pas : révélations sur l’Axe du Mal " [éditions Oneworld Publications, 456 pages, 27,50 dollars). Malgré un titre qui paraît céder exclusivement aux préoccupations culturelles du bavardage médiatique américain, l’ouvrage n’est pas sans livrer quelques pépites appétissantes pour les mouvements sociaux qui se mobilisent en vue du prochain sommet de l’Organisation mondiale du commerce, à Hong Kong, en décembre. (Un sommet, soit dit en passant, qui paraît avoir beaucoup de plomb dans les ailes, ce qui chagrine les commerçants transnationaux.) Dans sa brève recension, The Economist, relève en effet que LeVine considère que la mondialisation " est une forme d’impérialisme d’affaires qui, loin de profiter aux pays en développement grâce à la richesse accrue apportée par l’augmentation des échanges commerciaux, conduit de manière perverse à accroître leurs disparités sociales et économiques. " Là-dessus, commentant la situation économique du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord, l’hebdomadaire cite LeVine dans le texte : " Le manque de croissance dans cette région a été une cause importante, sinon la principale, à son absence relative de pauvreté. " On a bien lu. Plus de croissance égale plus de pauvreté. Mais, c’est le tout contraire de ce qu’on nous raconte d’ordinaire ! Et, en plus, l’Economist en recommande la lecture ! (C’était notre rubrique Flinguons les Idées Reçues.)