A la mi-juillet, on apprenait que Carestel, leader belge du restoroute (1.100 travailleurs), était racheté par la firme italienne Autogrill. La société transalpine (contrôlée par Benetton), pour parvenir à ses fins, a mené l’opération en deux temps. Primo, racheter 61,5% des parts à l’actionnaire majoritaire, la famille Van Milders. Secundo, débarrasser le marché du capital flottant et obtenir, de ce fait, la radiation du titre. Coût de l’opération : 5,00 euros par action. Pour information, le cours de l’action Carestel valait 32,00 euros en 1999. Joli plongeon. En cause : une politique d’expansion à tout-va, marquée notamment par le rachat de Lunch Garden. Seulement voilà : depuis 2005, Carestel a renoué avec les profits (1,4 millions d’euros en net). Logiquement, on aurait pu s’attendre à ce que les petits actionnaires se remplument au passage. Mais l’économie casino a ses raisons que la raison ignore. Ceci dit, Carestel parvient, malgré tout, à tirer son épingle du jeu. Depuis des années, la compagnie belge de restoroutes sous-traite l’exploitation de ses arrêts sanitaires auprès d’une firme allemande. Cette dernière, pour faire baisser ses coûts d’exploitation, emploie des travailleurs originaires d’ex-RDA pour un euro de l’heure. Réponse du management de Carestel : “Nous sous-traitons nos toilettes, nous n’avons donc rien à voir directement là-dedans. Nous ne sommes pas des inspecteurs sociaux”. Évidemment.

Sources : La Libre Belgique du 13 juillet 2006, Solidaire, du 2 août 2006 et L’Echo du 29 juin 2006.