En République tchèque, une firme chinoise a installé récemment une usine destinée à produire des appareils de télévisions à écran plat. Montant de l’investissement : 30 millions de dollars. Des dizaines d’industries venues de la Chine continentale et de Taïwan ont suivi le mouvement, en investissant (lire : en délocalisant) pour un total d’au moins 300 millions de dollars en Tchéquie. Tel est le cas de l’entreprise taïwanaise Foxconn Technology Co. qui assemble des PC et d’autres produits high tech pour des sociétés comme Hewlett-Packard, Cisco Systems et Apple Computer à l’est de Prague. Raisons de cet engouement ? Depuis 2004, l’Europe centrale, c’est l’Union Européenne. Et les autorités des nouveaux Etats-membres sont prêtes à tout pour attirer les investisseurs d’Extrême-Orient. Ainsi, la compagnie Foxconn s’est vue exemptée d’impôts pour une période de 10 ans. En outre, l’installation de lignes de production au sein des pays de l’UE permet aux compagnies chinoises d’échapper à la taxe de 14 % imposée par Bruxelles sur les téléviseurs fabriqués en Chine. Autre avantage : les unités de production asiatiques délocalisées en Europe répondent plus rapidement aux variations de la demande. L’équation est simple : un bien manufacturé produit en Chine doit être acheminé chez nous par bateau. Durée du voyage : 35 jours. Trop long pour les clients européens. Sachant qu’un ouvrier tchèque touche 500 dollars par mois pour une semaine de 40 heures contre 150 dollars en Chine où le temps de travail hebdomadaire est plus long, on en déduira que la maîtrise des coûts salariaux ne constitue pas le seul déterminant des investissements en ces temps de mondialisation. En économie, rien n’est simple, ni simpliste.

Source : BusinessWeek du 8 janvier 2007
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