Saur, c’est la filiale "environnement" de Bouygues ? Oubliez. Saur, c’est le joujou spéculatif du fonds d’investissement PAI Partners, qui l’a racheté pour plus d’un milliard d’euros en 2004. Oubliez cela aussi. Sauf le mot spéculatif. Car, deux ans à peine après cette opération, PAI Partners a mis Saur en vente, en escomptant une plus-value de 800 millions d’euros. Et vendre à qui ? Après avoir oublié PAI Partners, que faut-il désormais garder en mémoire ? Ceci, que parmi les candidats racheteurs qui se pressent au portillon, on trouve... d’autres fonds spéculatifs, tels Eurazeo et CVC Partners. Lesquels, sans doute, revendront sous peu en réalisant une nouvelle plus-value. C’est que le marché de l’eau, privatisé, c’est un business très rentable. Tout le monde a besoin d’eau. Donc, c’est spéculatif. Ajouter que, en vendant Saur, PAI Partners a au préalable joliment fardé la mariée, en s’employant au cours des deux dernières années à renouveler pratiquement toutes les concessions de Saur auprès des municipalités françaises. On comprend l’intérêt des "investisseurs". Un marché captif, verrouillé par les élus locaux.

Source : Le Figaro, 2 février 2007.