Après Renault (1997), après Volkswagen (2006, il y a quelques mois), c’est donc au tour de General Motors (GM), numéro un mondial en volume, de pratiquer la politique de la hache. Suppression de 1.400 travailleurs (un tiers du personnel) sur son site de production de l’Opel Astra à Anvers. Ce n’est plus de l’économie casino, mais un système atteint de sénilité qui, poussé par sa folle logique de surproduction, joue la carte de l’hara-kiri, le suicide assisté de ses travailleurs. Car si GM élimine à peu de choses près Anvers, soit l’équivalent des quelque 230.000 véhicules jugés voici peu, question ventes, en surnombre (le hasard fait bien les choses), GM n’entame pas pour autant une courbe rentrante, comme souligne avec à propos le Wall Street
Journal. Que du contraire, Anvers est éliminé pour ouvrir une nouvelle usine en Inde et, en Chine, doubler la capacité de production d’ici à 2010 pour faire de ce pays, dixit le PDG de General Motors Rick Wagoner, son "hub mondial de production", donc surproduire encore et plus pour surpasser Toyota. Chronique d’une mort annoncée, pourrait-on dire, pour résumer les lignes de force de l’étude que le Gresea a récemment publiée, sous le titre "La grande braderie industrielle. Analyses et réflexions sur la restructuration de l’usine de VW à Forest", sur un secteur qui ne cherche plus de salut que dans une concurrence à la surproduction anarchique et suicidaire, collectivement, pour assurer la survie de ses membres individuels (les actionnaires). L’étude est disponible en ligne : http://www.gresea.be/EP06etudeHHFilAutoFINAL.pdf Peut-être faudrait-il un jour repenser aux avantages d’une économie planifiée, adaptée aux besoins de la population...

Sources : Financial Times et Wall Street Journal du 18 avril 2007.