Chaque année, au mois de juin, depuis onze ans maintenant, deux sociétés de services financiers, CapGemini et Merrill Lynch, publient le bilan des personnes qui disposent d’un patrimoine financier de plus d’un million de dollars (environ 800.000 euros). C’est-à-dire un compte rendu sur les plus riches des riches dans le monde. C’est le "World Wealth Report" et c’est un document à consulter régulièrement pour savoir qui profite de la mondialisation. Comme chaque année, le résultat est édifiant : en 2006, environ 9,5 millions de personnes possèdent quelque 37.200 milliards de dollars à l’échelle mondiale. Comme le PIB mondial (produit intérieur brut) se monte à 48.000 milliards de dollars selon le FMI (Fonds monétaire international), cela veut dire que cette part de la population, à peine plus d’un pour mille, pourrait, si tout le monde s’arrêtait de travailler, faire vivre la terre entière durant plus de neuf mois, rien qu’avec leurs avoirs financiers. A l’échelle européenne, 2,9 millions de personnes détiennent une fortune globale de 10,1 milliards de dollars (environ 8 milliards d’euros). C’est un peu moins que 3,2 millions de Nord-Américains qui ont, ensemble, 11,3 milliards de dollars. Depuis 1996, la croissance annuelle moyenne du patrimoine de ce club select se chiffre à 7,6%. Le PIB, lui, ne grimpe qu’à une vitesse moyenne de 4,3%. Demandez à qui profite la mondialisation et les politiques ultra-libérales menées aussi bien en Europe, qu’aux Etats-Unis ou dans d’autres pays.

Source : CapGemini & Merrill Lynch, "World Wealth Report 2007", http://www.ml.com/media/79882.pdf