Début septembre 2007, les constructeurs d’automobiles Renault et Nissan annoncent un investissement de 600 millions d’euros pour la construction d’une usine commune dans la zone franche de Tangiers (Maroc) en vue d’y produire par an quelque 400.000 véhicules "low cost", des modèles de la Logan s’agissant de Renault. Cela mérite un instant d’attention. Régulièrement, en effet, on entend que la justification principale des délocalisations et des investissements dans des pays lointains est la recherche de nouveaux marchés. Traduction, en l’espèce : les Marocains et les Marocaines seront bientôt inondés de publicités afin que ces 400.000 véhicules trouvent des acheteurs. C’est naturellement un conte de fées. Que dit le PDG de Renault, Carlos Ghosn ? Ceci : cette usine "sera plus compétitive que celles que Renault possède en Roumanie et en Turquie, et au moins aussi bon marché que celles de Nissan en Chine." Cela a le mérite d’être clair. Tout comme l’article de presse qui en rend compte, lequel précise : des Logan "essentiellement destinés à l’exportation". C’est toujours mieux noir sur blanc.

Source Financial Times du 3 septembre 2007.