Le 15 janvier 2008, Nokia, premier fabricant mondial de téléphones portables, a annoncé la délocalisation de son usine allemande de Bochum vers la Roumanie. Selon la direction du géant finlandais, l’usine allemande n’est plus assez compétitive. Coût social : 2.300 emplois qui passent à la trappe. Selon Reiner Hoffmann, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES), ce licenciement collectif démontre qu’il est urgent de réviser la directive de l’UE sur les comités d’entreprise européens (CEE), qui date de 1994 (94/45/CE). Elle est en principe d’application pour toutes les sociétés comptant 1.000 travailleurs ou plus et au moins 150 employés dans deux Etats membres ou plus de l’Union européenne. Elle vise à éviter tout transfert des activités d’une entreprise sans qu’il y ait au préalable une information et une consultation des travailleurs et de leurs représentants. Depuis 1999, la CES demande qu’elle soit révisée. Elle ne précise en effet ni le contenu de l’information, ni le moment où celle-ci doit être communiquée par l’entreprise. De ce fait, comme c’est le cas avec Nokia, les syndicats apprennent souvent trop tard les décisions de délocalisation ou de fermetures d’usine. Pourtant, dans la législation européenne, la directive d’octobre 2001 (2001/86/CE) sur le statut de la Société européenne et celle de 2002 (2002/14/CE) relative à l’information et à la consultation des travailleurs dans l’Union consacrent précisément ce droit des travailleurs à l’information. Selon la première, l’information du comité d’entreprise européen, et son contenu, doit permettre aux représentants des travailleurs d’évaluer en profondeur l’incidence des choix stratégiques de l’entreprise et, le cas échéant, de préparer des consultations avec les organes compétents. La CES demande donc que les définitions de l’information et de la consultation présentes dans cette directive soient, au plus vite, intégrées à la directive sur les CEE. Il s’agit, pour faire simple, d’une harmonisation du cadre législatif européen afin d’éviter les effets néfastes de ce que le ministre des Finances allemand n’hésite pas à appeler ″un capitalisme de caravane″. On apprenait le 18 janvier 2008, que les syndicats allemands appelaient au boycott de Nokia.

Source : Financial Times du 18 janvier 2008, le communiqué de presse de la CES mis en ligne le 17/07/08, http://www.etuc.org/a/4475 (Fiche thématique de la CES sur les Comités d’entreprise européens, http://www.etuc.org/a/495).