(Belgique résolution). Réputés pour leurs opérations spéculatives de récupération de dettes dans le Tiers-monde, ces fonds ont le don d’indigner les âmes sensibles. Le cas de la Zambie, où le fonds Donegal International a misé 3 millions de dollars en escomptant en tirer dix-huit fois plus, a ému (1). Y compris en haut lieu : FMI et Banque mondiale ont exprimé leur crainte de voir les procès intentés par ces fonds contre quelques-uns des pays les plus pauvres (portant sur quelque 2 milliards de dollars) mettre en péril les accords de remise de dette adoptés par le G8 à Gleneagles en 2005. L’affaire Donegal n’est, en effet, que la pointe de l’iceberg. A la Zambie, ajouter le Nicaragua (8 procès vautours), ajouter le Cameroun (2 procès), ajouter l’Ethiopie (1 procès). C’est un business florissant. Le numéro un des fonds vautours, Elliott Associates pèse 16 milliards de dollars et est dirigé par le milliardaire Paul Singer (mécène du président Bush). Il a réussi à extraire 58 millions de dollars du Pérou (sur une mise de 12 millions) et 400 millions du Congo-Brazzaville (mise : 10 millions). Florissant et riche en liaisons surprenantes. En Grande-Bretagne, les cabinets d’avocats n’ont pas été en reste devant ce marché juteux et, parmi eux, on trouve les cabinets Allen & Overy et Weil Gotshal, tous deux membres d’une organisation à la façade progressiste appelée Advocates for International Development (A4ID) qui appuie les Objectifs millénariste des Nations unies et qui est, à l’origine, issue d’une initiative de... Oxfam. Qui n’apprécie guère, on s’en doute. Ce n’est sans doute pas joli-joli mais l’économie n’en a cure, elle n’a pas pour objet le caritatif. Y compris sous nos cieux. Début février, trois des plus importants potentats américains de l’investissement spéculatif, Warren Buffet, Wilbur Ross et Ron Perelman annonçaient avec aplomb que la noria d’entreprises surendettées qui sont menacées de faillite aux Etats-Unis à cause de la bulle immobilière leur offrent de splendides "opportunités" de rachat à bas prix...

Sources : "Vulture funds devour their prey", Guardian Weekly du 26 octobre 2007 et Financial Times du 1er février 2008.