La société transnationale Abbott (USA) mérite bien son nom. Ce géant pharmaceutique réalise près de 70% de son activité en dehors des Etats-Unis. Il est par exemple le labo n°1 en Inde, grâce à l’acquisition de Piramal pour 3 milliards d’euros, on appelle cela dans le jargon de la "croissance externe". Là, maintenant, suivant l’exemple de tant d’autres (Kraft, ConocoPhilips…), c’est une croissance par dédoublement qu’il vise en se scindant en deux. On aura ainsi, d’un côté, sous le nom d’Abbott, les génériques et le paramédical (nutrition, matériel médical), une entité pesant 22 milliards de dollars en chiffre d’affaires – et, de l’autre (18 milliards), sous un nom qui reste à déterminer, la branche centrée sur les médicaments de prescription dite – il est interdit de rire – de "pharmacie éthique", c’est à nouveau le jargon maison. Wall Street a exprimé son contentement. Au lendemain de la nouvelle, le titre Abbott a gravi de 3,5%.

Source : Les Échos du 20 octobre 2011.